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les entretiens

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Franck Ferrand

FRANCK FERRAND Au coeur de l'histoire (Flammarion, 2011)

Vous avez réuni dans votre dernier ouvrage, Au coeur de l’histoire, une trentaine de récits qui ont ponctué les 8 ans passés à l’antenne d’Europe 1. Comment avez-vous fait pour sélectionner vos personnages ?
« Au coeur de l’histoire n’est pas seulement une galerie de portraits. Mais il est vrai que les plus belles histoires sont liées à de grands personnages : Aliénor d’Aquitaine, Nicolas Flamel, Dom Pérignon, Pasteur… Plutôt que ces figures elles-mêmes, ce sont leurs tours de force, dans tous les domaines, qui retiennent d’abord mon attention.»

Qu’avez-vous privilégié pour faire votre sélection ?
« L’éclat. La singularité. Le courage. La beauté. L’aspiration à un certain dépassement… En un mot – très antique : la Vertu!»

De quel personnage historique féminin êtesvous le plus admiratif et pourquoi ?
«Depuis vingt ans, au moins, j’entretiens une sorte de relation affinitaire et secrète avec les mânes de Madame de Pompadour. Ses qualités sont exemplaires et ses travers restent aimables… Je lui avais consacré l’un de mes tout premiers livres (Le Bal des Ifs, Flammarion, 1999) – j’espère avoir un jour le temps de le reprendre et de le peaufiner.»

Comment se passe votre émission sur France 3: L’Ombre d’un doute?
«Passer de la souplesse de la radio aux contraintes de la télé constituait un défi assez inquiétant, pour moi. Aujourd’hui, je suis rassuré : l’équipe de l’émission se révèle remarquable, les premiers numéros me plaisent – et le public semble vouloir nous adopter ! Que demander de plus?»

Dans quelle mesure êtes-vous heureux de participer, à Versailles, au Salon du livre d’histoire?
«Par amour de Versailles, je suis venu vivre dans le quartier Saint-Louis pendant plusieurs années; et si je n’étais obligé, désormais, de me trouver à Paris chaque matin, j’y vivrais encore ! Je me sens un peu chez moi, dans cette ville… J’y ai des amis, y compris parmi les organisateurs du Salon. C’est pourquoi je modère ma « sauvagerie » native pour y participer chaque fois que je le peux.»

Quelle place tient Versailles dans votre oeuvre?
«Ma passion pour l’histoire doit beaucoup à la fascination que le Versailles royal a exercée sur moi et ce, depuis l’enfance. C’est dans la fréquentation des sources et de l’historiographie « versaillaises » que je me suis formé aumétier. Autant dire que je dois énormément à Versailles. Du reste, Ils ont sauvé Versailles (Perrin, 2003) demeure, de tousmes ouvrages, celui que je préfère ; il sera réédité au printemps prochain, dans la collection Tempus.» 

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Patrick de Carolis

PATRICK DE CAROLIS La dame du Palatin (Plon, 2011)

Avec la biographie romancée de la femme d'un des plus grands philosophes de l'Antiquité, vous plongez le lecteur dans les violentes intrigues de la Rome de Néron. Comment vous est venue l'idée de ce livre ?
« L’intérêt que je portais à Sénèque m’a conduit à lire certains ouvrages d’auteurs latins dont ceux de Tacite. C’est ce dernier qui au détour d’une phrase m’a fait rencontrer Paulina en évoquant « cette belle Arlésienne, femme de Sénèque ». J’ai immédiatement ressenti l’envie de mieux connaître ce personnage qui 2000 ans avant moi avait foulé le sol de ma ville natale! »

L'épouse de Sénèque rencontre à Rome les personnages les plus célèbres de son siècle. Parmi eux, quel est celui qui vous a le plus impressionné ou surpris et pourquoi ?
« Le plus célèbre d’entre eux, hormis Néron, c’est sans doute Sénèque lui-même… Puissant propriétaire terrien, homme politique influent, penseur, philosophe respecté, auteur… Ses écrits ont non seulementmarqué la pensée de son époque mais irrigue aujourd’hui encore notre réflexion. Homme ambigu prônant la vertu en toute chose mais qui sera obligé, confronté au pouvoir politique, de faire des compromis avec ses propres convictions. »

En termes de recherches et d'écriture, quelles sont les caractéristiques du roman historique et quel plaisir prenez-vous à privilégier ce genre ?
« Le roman historique s’appuie avant tout sur une documentation la plus précise possible. Je travaille sur ce point avec un documentaliste pendant de longs mois. Puis je fais l’état de ce que l’Histoire nous apprend et des zones d’ombre qui restent encore non élucidées. J’entreprends alors comme un peintre qui doit retoucher une toile, un travail de restauration à partir de mon imagination. »

À la télévision, l'Histoire a-t-elle, selon vous, trouvé sa juste place et donc son audience ?
« Je ne sais si l’Histoire a trouvé sa juste place à la télévision,mais je constate que les Français en général sont passionnés d’Histoire et que les téléspectateurs en particulier apprécient les programmes sur fond d’événements historiques qu’il s’agisse de magazines, de documentaires ou de fictions. Le magazine « Des Racines et des Ailes » dans sa dimension culturelle et historique reflète cet engouement. »

Timothée de Fombelle

TIMOTHÉE DE FOMBELLE  Vango T1 Entre ciel et terre (2010),  Vango T2 Un prince sans royaume (Gallimard jeunesse, 2011)

Est-ce votre expérience du théâtre qui apporte à vos romans ce sens de la dramaturgie si singulier ?
«C'est vrai que je viens du théâtre et qu'en débarquant dans le roman, j'arrive avec les outils de la scène… Mais en écrivant des romans, je cherche aussi à faire exploser la petite boîte du théâtre: une saga comme Vango traverse presque un demi-siècle, il y a des dizaines de personnages, des poursuites sur les toits de Paris ou dans les forêts du Caucase. Tout cela me serait interdit par n'importe quel producteur de théâtre! C'est le grand plaisir du roman: la liberté absolue de rêver.»

Dans ce deuxième tome, votre héros voyage beaucoup, de New-York à Paris, en passant par l’Écosse… Quelle place tient le voyage dans votre vie ?
« J'ai grandi en voyageant. Enfant, j'ai vécu plusieurs années en Afrique. Plus tard, je suis parti habiter au Vietnam. Mais je suis aussi terriblement enraciné. Une petitemaison et un potager me suffiraient. D'ailleurs les voyages m'intéressent seulement si je peuxm'installer. J'ai commencé à écrire Vango en vivant quelquesmois avecma femme etma fille dans la petite île où a grandi mon héros, dans l'archipel des Éoliennes, au large de la Sicile. Je suis donc souvent un voyageur immobile. Mes héros, eux, sont des fugitifs.»

Vous (re)venez à Versailles pour le salon Histoire de Lire. Qu’avez-vous envie de dire à vos jeunes lecteurs ?
«Mon personnage, Vango, naît en 1915. C'est aussi l'année de naissance de trois de mes grands-parents. Alors quand on célèbre les livres d'histoire dans ce salon de Versailles, pour moi on parle toujours de gens et de lieux reliés à nous. L'histoire est aussi notre histoire. C'est un terrain d'aventure qui doit être familier. Dans Tobie Lolness, je voulais montrer la magie de la nature ; dans ce nouveau roman, je montre la magie d'une période très proche de nous. Inutile d'inventer des planètes lointaines ou des monstres. On peut captiver avec ce qui nous entoure. Ce qui me touche le plus, c'est de découvrir que Vango est lu par toutes les générations.»

Qu’est-ce qui vous a donné le goût de la lecture et de l’écriture?
«Dès que j'ai commencé à lire, quand j'étais enfant, je me suis approprié les histoires, je les ai réinventées. La lecture et l'écriture sont pourmoi très proches, ce sont des activités de création. Et je crois que j'ai toujours voulu créer, imaginer. J'aime la menuiserie, le bricolage, la cuisine. Tout cela ce n'est pas très éloigné non plus de l'écriture.»

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
«Je garde un pied dans le théâtre, un autre dans les livres. Vango se termine avec ce second volume. Dans la forme,mon prochain projet est assez différent de Tobie et Vango. Ce n'est pas exactement un roman, c'est un livre sur la force de l'imaginaire et des contes de fées.Mais il faut que je me taise parce que tout le travail reste devantmoi. À suivre! L'aventure continue.»

 

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