Culture

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L'EUROPE ENTRE NATIONS ET SECESSIONS

Aujourd'hui nous vous présentons le cycle de conférences "L'Europe entre Nations et sécessions" par Alexis TROUDE, formateur à Sciences Po, directeur d'études Institut du Monde Multipolaire, Chercheur au labaoratoire UMR CNRS Géo-cité (Paris I). 

Expliquez les tensions actuelles entre nations en Europe? Comment expliquez-vous ce retour aux identités régionales partout en Europe?

Alexis TROUDE: En effet, on observe partout dans le monde, et surtout sur le continent européen, un repli identitaire. Suite à un processus d’ouverture des frontières  à la chute du mur de Berlin en 1989, Francis Fukuyama avait acté «la Fin de l’Histoire». Ce penseur étasunien pensait sincèrement qu’avec la disparition du bloc communiste, une ère de paix marquée par l’avènement de la démocratie libérale et de l’économie de marché aurait réglé la question des frontières en Europe. Or au lieu de voir apparaître un monde globalisé et sans mur, la fin de la bipolarité a laissé un vide dans lequel se sont engouffrés de nouveaux types de repli identitaire. Sont apparus dès lors à l’aube du XXI° siècle des points de crispation, partout en Europe, que l’on mettra du temps à régler :
- individualisation de la société et des moeurs.
- retour aux communautarismes, surtout religieux.
-renaissance des régionalismes et sécessionnismes de territoires jusque là intégrés à un Etat-Nation.

En quoi l’Union européenne reste, malgré ses divisions internes, une entité de poids dans le monde?

Alexis TROUDE: L’Union européenne, projet d’union politique et économique né en 1957 avec le traité de Rome, a toujours balancé entre l’idée de supra-nationalité chère à Victor Hugo et Aristide Briand et la volonté d’unir les Européens dans une grande zone de libre-échange, allant vers un espace économique intégré. 

Aujourd’hui, il est clair que non seulement les dirigeants européens ont privilégié l’option économique à l’option politique, mais aussi que l’Union européenne est sans conteste la plus grande puissance économique sur la planète. Première zone commerciale au monde, l’UE est aussi la plus grande concentration de F.T.N et porte des projets technologiques de premier plan (Airbus, Aérospatiale, Galiléo).

Mais en même temps, le projet politique d’une Europe supra-nationale, telle que pensée et voulue par R.Schumman et J.Monnet, est en panne. Conflits de transfert de souveraineté, Parlement aux compétences fortement encadrées et enfin une Commission au fonctionnement peu démocratique, tels sont les points à améliorer pour aboutir au projet initial, celui d’une Europe fédérale. L’autre enjeu des années à venir réside dans l’architecture d’ensemble peut-être à reconfigurer: alors que certains pays négocient leur sortie de l‘UE (Royaume-Uni), d’autres frappent à la porte de l’UE depuis longtemps (Turquie). On se rapproche donc progressivement d’un Europe à géométrie variable chère à François Mitterrand.

Quelles sont les évolutions démographiques actuelles et à venir sur le continent européen? Peut-on parler d’une transformation durable de la démographie européenne?

Alexis TROUDE: L’Europe est, avec 742 millions d’habitants, un continent peu peuplé à l’échelle mondiale et où les processus de vieillissement commencent à poser problème. La «peste blanche», c’est-à-dire le phénomène de dénatalité, menace déjà des pays comme l’Allemagne, l’Italie et la Russie. Mais d’un autre côté, des pays comme la France connaissent une démographie dynamique, avec presque 800 000 naissances par an depuis l’an 2000. Enfin la mobilité démographique, que ce soit chez les étudiants avec le programme Erasmus ou les retraités qui sont attirés par l’héliotropisme, est un phénomène qui s’accentue de plus en plus.

Nous sommes pourtant à un tournant de notre histoire . En effet, tous les projets d’aide économique de l’UE à l’Afrique ont échoué: le processus de Barcelone dans les années 1990 ou l’Union Euro- Méditerranée chère à Nicolas Sarkozy. Le résultat est inquiétant : plus les années passent et plus le fossé en termes de PIB entre le nord et le sud de la Méditerranée s’accroît. Contrairement aux recherches de Bernard Kayser qui parlait en 1996 d’une «gradation économique» entre ces deux zones, c’est bien à un mur économique que l’on assiste. La question est de savoir quand et comment, face au mâte cocagne et à la paix que représente l’UE, la «forteresse-Europe» pourra endiguer les vagues migratoires de candidats poussés par la misère et par la guerre (23 pays en conflit sur 54 en Afrique en 2017).

 

LES JEUDIS DE 16H30 À 18H

1- INDÉPENDANTISMES ET SÉCESSIONS : 

8 novembre: Europe du Sud (Catalogne, Corse, Pays Basque, Lombardie).
29 novembre: Europe du Nord (Irlande, Écosse, Flandres).
20 décembre: Europe de l’Est (Ukraine, Caucase, Transnistrie, Bosnie, Kosovo, Voïvodine)

2- L’UE.ENTRE ATTRACTIVITÉ ET RÉPULSION :

24 janvier : L’Union européenne, pôle attractif mondial.
14 février: L’Union européenne en crise : poussées centrifuges et règlement des tensions.

3- LA DÉMOCRATIE EN EUROPE : 

21 mars: Les dynamiques démographiques en Europe.
18 avril: Les mobilités démographiques en Europe.

Cycle de 7 conférences
TARIF B 

Université Inter-Âges de Versailles
6 impasse des Gendarmes, entrée B
78000 Versailles
01 30 97 83 90 – uia@versailles.fr

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