Ma ville

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Versailles méconnu

Quartier St-Louis

Calme et un peu secret, le quartier Saint-Louis a conservé des rues entières dont le décor architectural n'a pas changé depuis le XVIIIe siècle. Son authenticité lui donne un pouvoir évocateur exceptionnel. A voir tout particulièrement.

Les carrés Saint Louis

Le carrefour des rues Royale et d'Anjou reste un des endroits les plus pittoresques de Versailles. Les maisonnettes qui le bordent forment un rare ensemble urbain populaire du XVIIIe siècle, initialement élevé (1737) pour abriter les commerces d'un marché complémentaire de celui du quartier Notre-Dame. Transformées en maisons d'habitation vingt ans plus tard, les " baraques " furent surélevées d'un comble mansardé qui donne aux toits une allure disproportionnée. L'ensemble étant devenu vétuste, les maisonnettes qui bordaient les rues du Marché- Neuf, de l'Occident, Sainte-Famille et de l'Orient furent démolies. Les autres furent heureusement conservées et sont désormais protégées au titre des monuments historiques. La municipalité veille à  présent au maintien et à  la réharmonisation de cet ensemble en remettant progressivement à  niveau les maisons tardivement surélevées par leurs propriétaires et en imposant la présence de commerces en rez-de-chaussée.

Le Vieux-Versailles

Un "quartier dans le quartier". Ses petites rues étroites et ses maisons anciennes ont été construites à  l'emplacement de l'ancien village de Versailles détruit pour construire la ville. C'était le quartier des auberges et des hostelleries célèbres. Les restaurants et les cafés d'aujourd'hui leur ont succédé dans la rue de Satory vivante et animée. De nombreux députés aux Etats Généraux logeaient rue de Satory et rue du Vieux-Versailles. Ils se retrouvaient chez le libraire Blaizot qui publiait les comptes rendus des réunions. C'est naturellement dans ce quartier familier qu'ils se sont rassemblés le 20 juin pour le Serment du Jeu de Paume, fondateur du nouveau régime.

"La Cité administrative"

En bordure du Vieux-Versailles l'ancienne rue de la Surintendance aujourd'hui rue de l'Indépendance Américaine, conserve le souvenir des services officiels de la Monarchie. Les Ministères de la Guerre, et des Affaires Etrangères, la Surintendance et le Contrôle Général des Finances, le Grand Commun qui abritait les "Services de bouche" du Château.

La Cathédrale

La Cathédrale Saint-Louis a été construite entre 1743 et 1754 . Son parvis rectangulaire est bordé d'immeubles aux nobles façades. Aux abords de la Cathédrale, "Les Carrés" forment un ensemble original de "baraques" construites au XVIIIe siècle pour abriter un marché qui ne s'est jamais développé. Dès l'époque, elles ont été occupées comme aujourd'hui par des artisans et des boutiquiers. Elles sont peu à  peu restaurées et retrouvent leur aspect d'origine.

Quartier Notre-Dame

Impossible de visiter Versailles sans aller au Marché Notre-Dame - Mouvement, couleurs, profusion des produits en font un grand spectacle. Le même depuis trois siècles. Fondé par Louis XIV alors que la ville sort de terre, le marché en est le coeur, un lieu de vie populaire intense, d'échanges et de rencontres. Les halles couvertes actuelles datent du XIXè siècle, elles ont remplacé les anciens pavillons devenus insalubres. Tout le quartier a été restauré en 1991. Il constitue un point d'attraction où se retrouvent les habitants de Versailles, ceux des environs et les visiteurs étrangers.

Le marché de plein air

Le marché de plein air au centre de la place a lieu tous les mardis, vendredis et dimanches matins. Avec les étals situés sous les halles (ouvertes tous les jours). C'est le premier centre alimentaire de produits frais de toute la région. 

Les petites rues et les Antiquaires

Passage de la Geôle, rue du Bailliage, rue des Deux Portes, antiquaires, commerces d'art ou de décoration et petits restaurants se sont installés. Jusque dans la cour de l'ancien Bailliage (siège de l'administration locale et Palais de justice au XVIIIè siècle) et dans le couloir qui desservait les anciens cachots de la Geôle ou prison.

Le pourtour du marché

Tout le tour de la place est bordé de cafés et de restaurants à terrasses. C'est un lieu de rencontre pittoresque et vivant.

Restaurants

L'art culinaire moderne et les usages de la table ont été inventés à Versailles (pour la Cour). La ville est donc réputée pour les métiers de bouche. Les rues du pourtour du Marché sont bordées de cafés et de restaurants. Avec le passage de la Geôle, la rue du Bailliage, l'Etape, le passage des deux portes, elles constituaient, dès le début du XVIIIème siècle, un ensemble homogène. On y trouve aujourd'hui tout l'éventail de la gastronomie, du bistro à la table gastronomique.

Boutiques

Plus de 300 commerçants sont installés dans "le triangle d'or" de Versailles entre les rues de la Paroisse, Carnot, Hoche et Maréchal Foch. Liés au Marché, dont ils sont solidaires, ils sont les héritiers des nombreuses boutiques qui y prospéraient autrefois : tailleurs, faïenciers, miroitiers, marchands de tissus etc.

L'Hôtel des Menus Plaisirs

Étonnant destin que celui de cet hôtel du 22, avenue de Paris. Destiné à abriter les "menus plaisirs" du roi, il a vu les prémisses de la chute de la Royauté, accueilli les services de la Ville avant de (re)devenir le cœur du baroque, en accueillant le Centre de Musique Baroque de Versailles

1729

La naissance du Dauphin est l'occasion de nombreuses fêtes. Pour renfermer les boiseries et costumes nécessaires aux réjouissances, deux immeubles sont d'abord loués au Parc aux Cerfs. Ces resserres sont utilisées jusqu'à  ce que Louis XV fasse édifier en 1748 un hôtel à  deux pas du château pour y abriter les magasins et ateliers en rapport avec ce que l'on appelait à  l'époque les " menus plaisirs " du roi : accessoires de sport (notamment pour le jeu de paume), décors de théâtre, instruments de musique... On y trouve également des ateliers pour les maquettes, costumes, peintures et autres sculptures dans lesquels des artistes renommés se retrouvent pour créer. En 1759, l'hôtel renferme aussi un cabinet de physique installé par l'abbé Nollet pour l'instruction des enfants de France, à  commencer par le futur Louis XVI.

C'est pourtant en ce lieu à  la voie toute tracée que vont apparaître les prémisses de la chute de la Royauté... L'assemblée des notables choisit en effet de s'y réunir par deux fois en 1787 et 1788 dans une salle provisoirement aménagée dans la cour arrière ouvrant sur la rue des Chantiers (aujourd'hui rue des États-Généraux).

Considérablement modifiée et agrandie, elle sert même en 1789 de siège à  la fameuse assemblée des États Généraux. Les bâtiments proprement dits sont quant à eux réservés aux bureaux des trois ordres et à des salles de réunions. L'année suivante, ils sont utilisés pour des assemblées électorales lorsque sont établies les nouvelles administrations.
L'assemblée départementale y tient notamment quelques séances. L'hôtel des Menus Plaisirs voit notamment l'élection de Robespierre comme président du tribunal du district puis l'installation, en 1792, des juges du tribunal criminel en attendant la transformation de l'ancien Bailliage en maison de justice. Il sert ensuite de magasin de vivres pour l'armée, et ce, bien que de nombreux accessoires de théâtre soient encore conservés dans les réserves, ce qui attise d'ailleurs la convoitise de directeurs de salles parisiennes qui viennent régulièrement se servir... Transformé en caserne pour les volontaires des corps de gendarmerie, l'hôtel devient un centre de distribution de pain pour les troupes avant d'être finalement vendu à  un sieur Dubusc en 1800.

Une vente dont le préfet obtient l'annulation un an plus tard, mais entre temps, l'acheteur a malheureusement déjà fait démolir une grande partie des locaux historiques... Abandonnés durant plus d'un siècle, ils accueillent de 1942 à 1988 les services techniques de la Ville, avant d'être restaurés par l'État dans le cadre du bicentenaire de la Révolution. Classé aux monuments historiques, l'Hôtel des Menus Plaisirs héberge aujourd'hui le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV).

Sources : Archives communales ; " Versailles : le Château, la ville, ses monuments " d'Odile Caffin- Carcy et Jacques Villard ; " Versailles aux 3 visages " d'Émile et Madeline Houth.

L'hôtel des Gendarmes

Il doit son nom à  ceux qui l'occupaient à  ses origines. Installé juste à  côté de la mairie, cet hôtel particulier méconnu des Versaillais présente pourtant l'un des plus beaux portails sculptés de la ville...

C'est au XVIIIe siècle que débute l'histoire de l'hôtel dit des Gendarmes. Louis XV ayant racheté en 1732 à des particuliers certaines dépendances de l'hôtel de la princesse de Conti (actuelle mairie), il les fait remplacer par un hôtel destiné à  loger les gendarmes de sa garde, d'où son nom. Construit en 1735 par Jacques V.Gabriel, premier architecte du Roi, il se compose de deux bâtiments séparés par un mur mitoyen et ouvrant sur l'avenue de Paris par deux entrées indépendantes : d'une part l'hôtel des Gendarmes proprement dit, doté d'une porte monumentale ; d'autre part un bâtiment rectangulaire qui comporte deux cours successives et disposait, probablement d'un accès par l'actuelle impasse des Gendarmes.
Affectés au département de la Guerre à sa création, les lieux reviennent au début du XXe siècle au ministère des Finances, devenant le siège de l'administration des Domaines et du Timbres. Occupés depuis 1960 par la direction départementale des services fiscaux, ils sont actuellement en cours de transfert de propriété à  la Ville, qui tenait à  préserver ce patrimoine architectural de premier ordre au coeur du Trident.

Malgré tous les profonds remaniements qu'il a subis au fil des années, l'hôtel particulier a néanmoins conservé une très belle porte d'entrée, visible de tous au 6, avenue de Paris. Classé au titre des monuments historiques depuis mai 1911, ce portail monumental édifié en pierre calcaire embrasse les deux niveaux du bâtiment et lui sert d'entrée principale. Concentré dans sa partie haute, principalement autour de l'oeil de boeuf, le décor sculpté est composé de chutes de trophées militaires (avec armures et casques de guerres), de guirlandes de fleurs, de palmes et de coquilles, dont la finesse et la richesse en font un chef d'oeuvre de l'art rocaille. Il porte la devise des gendarmes de la garde du Roi : "Quo jubet iratus Jupiter" (Où Jupiter furieux ordonne). Mais il est malheureusement si dégradé aujourd'hui qu'il nécessite une rénovation en profondeur. Une étude préalable a ainsi été menée par Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments Historiques. "La mise en valeur de ce portail présente donc un intérêt esthétique et historique indiscutable", a-t-il conclu dans son rapport. Pilotés et financés par la Ville, avec le soutien du Conseil général des Yvelines dans le cadre d'un programme de sauvetage du patrimoine protégé en péril, les travaux de restauration, des parements en pierre comme de la porte en bois ont été programmés.

Sources : " Étude préalable à  la sauvegarde du portail sculpté de l'ancien hôtel des Gendarmes " de Frédéric Didier ; " Versailles aux 3 visages " d'Emile et Madeline Houth ; Archives communales.

Les Octrois de Versailles

Vestiges d'un impôt aboli et derniers témoins des anciennes limites de Versailles, les deux pavillons d'Octroi de l'avenue de Paris sont aujourd'hui profondément ancrés dans le paysage urbain de la Ville, formant la plus symbolique des portes d'entrée de la cité royale.

Construits en 1824 sur ordre du marquis de la Londe, "maire du IIIe arrondissement de Seine-et-Oise", les bâtiments et les grilles en fer qui s'étendaient sur toute la largeur de l'avenue étaient alors affectés au service de l'Octroi. Le pavillon de gauche en venant de Paris contenait le bureau de perception, tandis que celui de droite était affecté au logement des préposés. Au milieu, deux portes centrales permettaient à ces derniers de surveiller jour et nuit le transit et de percevoir le montant des taxes applicables. Ressource principale des communes, cet impôt taxait depuis 1748, selon leur poids ou leur quantité, tous les biens, matériaux, produits, bétail ou denrées pénétrant dans la Ville. Les deux pavillons étaient construits de manière identique sur deux niveaux et en pierre de qualité ; l'étage était soutenu par des pilastres latéraux et couronné d'un fronton conformément aux normes néo-classiques de l'époque. Cette installation n'était d'ailleurs pas la seule à  Versailles, loin s'en faut, puisque pour être sûre de contrôler tous les passages, la Ville avait fait fermer les principales voies d'accès de la commune par d'autres barrières, notamment sur l'avenue de Picardie, la rue des Chantiers et le boulevard de la République. Freinant le développement d'une économie moderne et mal accepté par la population, l'octroi sera finalement supprimé par arrêté municipal en février 1943 et remplacé par le relèvement des taxes locales sur les ventes au détail et les prestations de services.

Les pavillons de l'avenue de Paris tombent dans l'oubli jusqu'en août 1959, date à  laquelle ils sont inscrits à  l'inventaire des Monuments Historiques. Une décision qui fera couler beaucoup d'encre durant des années, la municipalité de l'époque conduite par André Mignot étant en effet fermement décidée à démolir les deux édifices afin d'améliorer la visibilité des automobilistes empruntant le carrefour, particulièrement accidentogène, formé par l'avenue de Paris, la rue Vauban et l'avenue de Porchefontaine. L'Etat tiendra bon et les pavillons seront finalement préservés, à défaut des grilles qui disparaîtront toutes. Il faudra cependant attendre les années 80 pour que les Octrois soient mis à  la disposition de deux associations, en l'occurrence l'Association Culture et Bibliothèque pour Tous (ACBT) et l'Association nationale des femmes de militaires (ANFEM). Quant au fameux carrefour, il a été réaménagé en 1993 en tenant compte de ces spécificités architecturales...

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