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Patrimoine et monuments

La ville de Versailles cache, parmi ses trésors, de nombreuses prouesses architecturales insolites comme des fausses fenêtres, le guet du roy, des puits en ville, l'église de la paroisse royale... Autant de trésors cachés à découvrir...

Fausses briques et trompe-l'oeil

Le château de Louis XIII avait été construit selon le goût de l'époque avec des façades de briques et de pierre et des toits d'ardoises. Louis XIV conserva ce style polychrome déjà suranné au cours des différentes campagnes de travaux sur les façades du château, côté ville.

La règle de Louis XIV

Cette esthétique servit de règle pour l'aspect de la future ville : le décor des façades est composé de bandes horizontales et verticales en pierre, qui évoquent la structure de la construction : bandes horizontales des soubassements, bandeaux moulurés, appuis et linteaux de baies, corniches ; bandes verticales des chaînages d'angles, pilastres, chambranles de baies, lucarnes. Le remplissage de cette grille structurelle est réalisé au moyen de la brique. À Versailles, la pierre calcaire manquait et la brique de parement n'était pas fabriquée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les maçonneries en blocage de pierre meulière étaient donc enduites d'un mélange de plâtre et de chaux teinté d'ocre rouge pour imiter la brique, et badigeonné d'ocre jaune pour rappeler la pierre. Les faux joints des briques étaient creusés et remplis de plâtre blanc. Les dimensions des fausses briques varient avec le temps : de grandes dimensions sous Louis XIV, elles ne cesseront de s'affiner jusqu'à  leur disparition vers la fin du règne de Louis XV (cette règle de composition en fausses briques laissera finalement place au style néo-classique).

Fausses fenêtres

La rigueur de composition de ce type de façades obligeait parfois les propriétaires à réaliser de fausses fenêtres, comme on peut toujours en observer, principalement aux angles des bâtiments, comme au 22, rue de Satory. Cet immeuble construit au milieu du XVIIIe siècle présente un traitement assez exceptionnel à l'angle des deux rues : un appareillage remarquable de pierres porte un balcon soutenu par une console. Le brisis de la toiture, originellement réalisé en ardoises, a disparu pour faire place à un étage "carré", c'est-à-dire qu'on a réalisé des murs verticaux de maçonnerie à la place d'un pan de toiture afin de gagner de la place. C'est pour sauver cet immeuble historique que la Ville et l'État engagèrent la création du secteur sauvegardé de Versailles à la fin des années 1960. Obligatoire jusque dans les arrière cours, la fausse brique sera parfois remplacée par un enduit en jetis ou en mouchotte, qui, par sa surface granuleuse, apparaît plus sombre que les bandeaux lissés et assure à moindre coût l'effet polychrome recherché. Ce succédané est parfois visible sur la rue, comme au premier étage du 4, rue de l'Indépendance américaine.

L'art de l'imitation

 

 

L'art de l'imitation continue de servir dans les siècles suivants. Au 2, rue Saint-Julien, la belle façade en pierres de taille de l'hôtel des postes de Louis XV a été ornée d'un obélisque décoré d'une boîte aux lettres en trompe-l'oeil. Non loin, rue Mazière, trois fausses façades de boutiques dans l'esprit du XVIIIe siècle ornent un mur aveugle de la rue. Au 2, rue Carnot, un autre trompe-l'oeil récent représente une fausse porte de cave devant laquelle stationne une pie criante de vérité. Au 12, rue des États-Généraux, un superbe trompe-l'oeil imite une façade à  l'enseigne du Facteur Cheval. Les grands projets d'urbanisme actuels perpétuent cette tradition en intégrant sur le mobilier urbain des trompes l'oeil qui animent le parcours quotidien des promeneurs selon 4 thématiques :

  • Parcs et jardins, Avenue de Sceaux,
  • La musique baroque, Avenue de Paris,
  • Molière Avenue de Saint-Cloud,
  • Les fables de la Fontaine, Boulevard de la Reine.

Balcons et garde-corps

Une des richesses architecturales de Versailles consiste dans son magnifique ensemble de balcons et garde-corps en fer forgé : il est si vaste que l'on peut établir une intéressante typologie dont voici les grandes lignes : Les garde-corps du début du règne de Louis XIV présentent des barreaux verticaux forgés à  la main, régulièrement espacés et assemblés entre eux par des C horizontaux, en haut et en bas. Un petit vase en cuivre ou bronze orne parfois les angles de la barre d'appui toujours métallique. Parfois, une volute simple ou double alterne avec un barreau vertical. On voit de beaux exemples de ce type aux 13 et 15, rue Saint-Honoré, au 5, rue de Satory, au 36, rue du Vieux-Versailles, ou encore au 52, rue de la Paroisse.

Courbes et contre-courbes Louis XV

Sous la Régence, la géométrie quelque peu rigide du style Louis XIV fait place à  de savantes compositions courbes, à  base de C et de volutes emboîtés, tangents ou entrelacés, avec des effets de contre-courbes. Le tout s'ordonne le plus souvent autour d'un axe de symétrie vertical. Une profusion de "perles" assemble les éléments entre eux. L'abondance des motifs courbes ne fera que s'amplifier sous le règne de Louis XV. Le balcon d'angle du 22, rue de Satory en est un très bel exemple. Il y en a un autre au 30, rue des États-Généraux. Au 18, rue de Satory, connu également pour être la maison natale du général Hoche, des garde-corps galbés, typiquement Louis XV, mêlent harmonieusement courbes et contre-courbes. On en voit de ce type au 9, rue Royale, ou au 18, rue Hoche par exemple.

" Terrasser les géants "

À la fin de ce règne, une réaction stylistique se fit jour. Les ferronneries revinrent progressivement à  une rigoureuse géométrie. Un exemple (tardif) de cette évolution  est donné par le très beau balcon du 17, rue de Satory : il n'est plus galbé mais droit, et ses volutes sont désormais réparties dans des compartiments aux contours orthogonaux. Son motif le plus remarquable est un foudre doré surmonté de l'inscription "Sensere gigantes" : "Terrasser les géants", devise des Chevau-Légers dont c'était l'entrée de la caserne. Au 108, rue de la Paroisse, un très beau balcon de 1783, relève du même changement d'esthétique. 08 balcons et garde-corps Il porte, sous la main courante, l'inscription " Fidem fortuna coronat " : "la fortune récompense la fidélité". Le chiffre du propriétaire, Laurent Lecointre, un négociant qui fut plus tard membre de la Convention, est surmonté de deux mains unies. Le revers de l'immeuble (au 65 bis, av. de Saint-Cloud), une belle façade agencée de façon pyramidale, est orné du même balcon. Le style se simplifia ensuite radicalement pour ne plus utiliser que des cercles entrelacés ou tangents, des losanges emboîtés, etc. On trouve des exemples de ce style austère et dépouillé dans toutes les rues du centre- ville.

Ornements sculptés et décors émaillés

Les façades de Versailles présentent également de beaux décors sculptés que le passant curieux ne manquera pas de remarquer.

Le goût rocailles

Au 10, rue de Fontenay, se succèdent sur la façade deux motifs sans rapport mais tout à  fait remarquables : au-dessus du porche d'entrée, un superbe mascaron en pierre évoque le dieu Neptune qu'on reconnaît aux coquillages dont il est entouré. C'est un sujet caractéristique du goût rocaille (années 1730-40) qui affectionne les motifs aquatiques pour leurs qualités décoratives. L'immeuble fut surélevé vers la fin du XIXe siècle et couronné d'un fronton cintré orné d'un décor cynégétique spectaculaire réalisé en plâtre sculpté.

Cornes d'abondance

Au 14, rue du Vieux-Versailles, un bel immeuble du XVIIIe siècle porte un élégant décor de coquilles et cornes d'abondance surmontant les trois fenêtres. Il daterait de 1787. Cette maison formait, avec le n° 12, une auberge dont l'enseigne fut d'abord La Rose rouge, avant de devenir le Petit Cerf.

Les canons de Napoléon

Au 2, avenue de Paris, l'imposant portail de l'hôtel Pullman est l'un des deux subsistant, qui rappellent la présence d'une caserne d'Artillerie créée sous Napoléon III et qui occupait l'espace compris entre la Petite Écurie et l'actuelle rue du général de Gaulle. Les motifs de canons et le "N" de Napoléon illustrent bien cette vocation. Cette caserne fut détruite en 1988 pour laisser la place à  un complexe commercial et hôtelier appelé "les Manèges" en souvenir de cette caserne.

Grès émaillés et faïences

Conformément au goût de l'empereur pour les contrastes de matériaux et de couleurs, le grès émaillé et la faïence furent largement utilisés pour décorer les façades. Les exemples sont innombrables. On pourra par exemple aller regarder l'immeuble du 3, rue de l'Assemblée Nationale, un immeuble Bachelin dit " Les Houblons ". Sa façade de briques polychromes est ornée d'une frise de céramique représentant des fleurs de houblon. Au 36, rue des Chantiers, la plaque de numéro, anciennement 80, porte un décor de pommes et de coings en grès faïencé. Au 1, impasse Adèle Mulot, le décor est en faïence également et représente des griffons.

"Goutte de lait"

Un bâtiment intéressant, signalé également par une belle frise émaillée, s'élève au 3, rue Richaud : bâti en 1910 sur le terrain de l'hôpital civil, il abritait l'oeuvre de la Goutte de lait, créée en 1899 pour combattre la malnutrition et la mortalité des nourrissons. On y fournissait gratuitement, après consultation, des biberons correspondant aux besoins des nourrissons présentés par des familles nécessiteuses.

Les carrés Saint-Louis

Le carrefour des rues Royale et d'Anjou reste un des endroits les plus pittoresques de Versailles. Les maisonnettes qui le bordent forment un rare ensemble urbain populaire du XVIIIe siècle, initialement élevé (1737) pour abriter les commerces d'un marché complémentaire de celui du quartier Notre-Dame. Transformées en maisons d'habitation vingt ans plus tard, les "baraques" furent surélevées d'un comble mansardé qui donne aux toits une allure disproportionnée. L'ensemble étant devenu vétuste, les maisonnettes qui bordaient les rues du Marché- Neuf, de l'Occident, Sainte-Famille et de l'Orient furent démolies. Les autres furent heureusement conservées et sont désormais protégées au titre des monuments historiques. La municipalité veille à  présent au maintien et à  la réharmonisation de cet ensemble en remettant progressivement à niveau les maisons tardivement surélevées par leurs propriétaires et en imposant la présence de commerces en rez-de-chaussée.

Acte fondateur de la République

Au 1, rue du Jeu de paume, une façade curieuse surprendra le promeneur : ce mur aveugle surmonté d'une grande verrière faite de petits carreaux fut la salle du jeu de paume de la cour de Louis XIV. On jouait là à ce qui est devenu le tennis. Les fenêtres en hauteur dispensaient un éclairage diffus qui n'éblouissait pas les joueurs, tout en étant hors de portée des balles. Construite en 1686, la salle est surtout connue pour le fameux serment révolutionnaire, "acte fondateur de la République" qui y fut prononcé le 20 juin 1789 et qui marque le début de la Révolution.

Le Guet du Roy

Au niveau du 1, rue Neuve-Notre-Dame, le bâtiment triangulaire isolé entre deux rues est désigné par une inscription comme Le guet du Roy. C'était en effet un corps de garde construit vers 1736, au moment de l'assèchement de l'étang de Clagny qui occupait l'emplacement du boulevard de la Reine.

Fabrique du parc à l'anglaise

Au niveau du 111, avenue de Paris s'ouvre une voie privée dans le parc Chauchard. De là ,on aperçoit une élégante architecture dite "le pavillon de musique de la comtesse de Provence". C'est une "fabrique" du parc à  l'anglaise de cette belle-soeur de Louis XVI, élevée par Jean-François Chalgrin dans les années 1780. Le parc a été coupé en deux à  la Révolution : l'une des moitiés forme le parc de l'illustre école Sainte Geneviève, "Ginette", qui se trouve derrière. L'autre partie fut la propriété du célèbre joaillier Mellerio au début du XIXe siècle, puis celle du prince de Mérode à qui l'acheta Alfred Chauchard. Le fondateur des Grands Magasins du Louvre transforma la propriété en lotissement à  l'intention de ses employés qui en devinrent propriétaires en 1902.

Les moulins de Versailles

Les moulins de Versailles s'élèvent au 18, rue des Chantiers : l'ouverture de la gare des Chantiers en 1849 avait fait de Versailles une gare de transit et favorisa son approvisionnement par le réseau ferré. C'est ainsi qu'un entrepôt de farine fut construit près de la gare en 1854, avant d'être complété en 1905 par un moulin, agrandi en 1920. C'est la famille Chaudé, dont le nom est inscrit en mosaïque sur la façade, qui l'exploite encore.

Des puits en ville

Au 3, rue Gallieni, un ancien puits se cache derrière un volet avec trou de serrure et faux refends. Il existait avant que l'étang ne soit asséché et comblé. La rue a ensuite été lotie.

Armoiries et sceaux de la ville de Versailles

Le 15 septembre 1789, le Conseil Général de la commune de Versailles décida que les armes peintes au revers des drapeaux de la Garde nationale seraient " d'azur à  trois fleurs de lys d'or au chef d'argent, chargé d'un coq à  deux têtes naissant... ", ce coq symbolisant leur double devoir envers le roi et la cité. Les vicissitudes des changements de régimes successifs ont modifiéle contenu et la symbolique des différentes armoiries utilisées pour les timbres, cachets et en-têtes des papiers administratifs officiels, comme autant de " chartes graphiques " avant l'heure : sceau à  bonnet phrygien, armes impériales avec aigle et abeilles, simple couronne de chêne, tables de la loi et drapeaux tricolores avec la mention Charte de 1830 bientôt remplacée par République française, aigle sous le Second Empire, puis figure allégorique de la République... Les armoiries actuelles, enregistrées par la commission départementale d'héraldique en 1944, sont celles adoptées en 1789, confirmées sous la Restauration par lettres patentes du roi Louis XVIII en 1876, et reprises officiellement en 1861 par le conseil municipal, sous la plume du maire François Barthe : " Les armoiries reçues de l'Empire en 1811, dans la fournée des bonnes villes n'évoquaient aucun souvenir historique. Elles portaient seulement, selon les expressions du maire de l'époque, ce qui fait la splendeur de Versailles. Les premières armoiries, au contraire, symbolisaient à  la fois l'émancipation de la commune et le patronage qui l'avait protégée ". Les armoiries étaient autrefois présentes sur les campaniles de la mairie avant qu'ils ne soient détruits. On peut les découvrir aujourd'hui au sol à l'entrée de la mairie, place de l'hôtel de Ville et sous forme de mosaïque.

Architecture moderne et d'avant-garde

La gare la plus moderne de France

La gare ferroviaire de Versailles Chantiers, ouverte en 1849, fut reconstruite par l'architecte André Ventre, et inaugurée en 1932 : c'était alors la plus moderne et la plus luxueuse gare de France, "jetée sur les voies comme Chenonceaux sur le Cher" pour les uns, inspirée du Grand Trianon pour les autres...

Le premier palais des congrès de France

Le palais des congrès de Versailles, 10, rue de la Chancellerie, fut élevé en 1964 par Pierre-Edouard Lambert. Son allure classique lui était imposée par la proximité du château. Il n'en fut pas moins le premier palais des congrès construit en France, remarqué pour sa fonctionnalité et son amphithéâtre de 1 200 places.

Architectures sacrées

L'église de la paroisse royale

Dans le cadre du plan d'urbanisme de Versailles, l'établissement d'une église entre la place Hoche et l'étang de Clagny, devait contribuer à  l'urbanisation du quartier Notre-Dame en cours d'aménagement. Construite de 1684 à  1686 sur les plans de Jules Hardouin Mansart, Notre-Dame est l'église de la paroisse royale, desservie par les Pères Lazaristes, en charge de près de 20 000 âmes à  la veille de la Révolution, soit la moitié de la population versaillaise de l'époque. En 1790, après le vote de la Constitution civile du clergé, elle devient cathédrale constitutionnelle du nouveau diocèse de Seine-et-Oise, sans que la vie religieuse des paroissiens en soit profondément modifiée : mêmes marguilliers, mêmes processions et mêmes offices. Enlevée au culte en 1793, elle est alors érigée en Temple de la Raison, puis Temple de l'être suprême, où sont célébrées des fêtes civiques, parmi lesquelles les fêtes décadaires (Fêtes du repos obligatoire tous les dix jours), supprimées en l'an VII. Notre-Dame est rendue au culte catholique le 6 avril 1800. Tout le XIXe siècle, plusieurs prêtres " bâtisseurs " se succèdent, les budgets sont prospères. Ils ne feront appel que ponctuellement au concours de la Ville pour les dépenses exceptionnelles, notamment les grosses réparations de l'édifice : réfection des clochers (1874-1878), réparations du dôme (1886-1887) ou subvention pour la construction de la chapelle du Sacré- Coeur (1860-1866).

 

Synagogue de Versailles

Présente dès le XVIIIe siècle, la communauté israélite de Versailles devient une composante importante de la population après 1870, avec l'arrivée de nombreuses familles d'Alsace et de Lorraine (Territoires annexés par l'Empire allemand) ayant opté pour la France : négociants, médecins, professeurs, juristes ou ingénieurs. Succédant aux premiers oratoires juifs installés avenue de Saint-Cloud, la synagogue actuelle de la rue Albert-Joly, financée par Madame Furtado-Heine, est édifiée en 1886 par les architectes Alfred-Philibert Aldrophe, auteur de la grande synagogue parisienne (rue de la Victoire), et Hippolyte Blondel. L'édifice est dominé par un vitrail en forme de rosace qui occupe le milieu de la façade flanquée de deux tours carrées et surmontée du rouleau de la Thora, où est inscrite la loi dictée par Dieu à  Moïse. L'année hébraïque de la construction figure dans un cartouche.

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