Trois manières de marcher dans les pas de Proust à Versailles

Proust séjourna plusieurs fois à Versailles. Tout d'abord parce qu'une partie de sa famille côté maternel habitait la ville. Il y fréquenta les grandes figures de la société de son temps dont le comte Robert de Montesquiou (l'un de ses « modèles » pour le baron de Charlus), qui possédait à Versailles un hôtel particulier, aujourd’hui disparu, situé avenue de Paris. Un article de mai 1894 du jeune Proust paru dans "Le Gaulois" et intitulé « Une fête littéraire à Versailles », raconte par le menu une soirée littéraire organisée dans le domicile versaillais de Montesquiou.

« La grille aux fers doré est ouverte sur la large avenue de Paris qui mène droit au théâtre de Versailles. […] La salle est remplie. Et quelle salle ! Quel « tout-Paris » ! »

Conférence : l’écrivain et le château

Le « Grand Amphi » de l’Université ouverte de novembre propose la conférence : « Proust et le château de Versailles, ou un poète au musée » donnée parLionel Arsac, Conservateur du patrimoine au château de Versailles.

À l’instar des poètes et écrivains de sa génération, Marcel Proust nourrit pour Versailles une fascination jamais démentie. Logeant en ville, à proximité des jardins du château, il développa dans ses lettres et dans son œuvre une vision mélancolique de l’ancien domaine royal. Pourtant, loin d’être figé dans le passé, le musée connaissait alors de profondes mutations grâce à son dynamique conservateur, Pierre de Nolhac, qui bouleversa les aménagements muséographiques datant du règne de Louis-Philippe. La vision proustienne de Versailles serait-elle fantasmée ?

Lundi 14 novembre à 18h30 
Auditorium de l’Université ouverte
6, impasse des gendarmes • Entrée libre

Plus d'information ici

Rencontre/signature

Jean-Yves Tadié, écrivain spécialiste et biographe de Proust sera présent au salon du livre d’histoire pour son livre Marcel Proust (biographie en deux tomes chez Folio) et participera dans le cadre du salon à « Histoire en scènes » le dimanche 20 novembre à l'hôtel du Barry.

Plus d’information : histoiredelire.fr

L’hôtel des Réservoirs dans les Archives communales

Proust séjourna plusieurs fois à l’hôtel des Réservoirs : d’août à décembre 1906 puis à l’automne 1908. Cet hôtel particulier fut construit en 1751 pour Madame de Pompadour, favorite du roi Louis XV. Il est transformé en hôtel de tourisme en 1875. On imagine Marcel Proust attablé dans la salle de restaurant, déambuler dans les salons ou encore découvrir cette publicité pour un tailleur de la rue de la Paroisse sous le porche menant au parc du Château. L’hôtel fut surélevé en 1908. Il comporte aujourd’hui quatre étages au lieu d’un seul à l’origine et est toujours visible au 7-9 rue des Réservoirs.

Ces cartes postales font partie de la collection conservée aux Archives communales de Versailles. Elles offrent un panorama très complet pour l'étude de la ville de Versailles et des différents quartiers qui la composent au tournant du XXe siècle.

Deux manuscrits à découvrir

Conservateur au château de Versailles entre 1892 et 1920, Pierre de Nolhac (1859-1936) déposa de son vivant à la bibliothèque municipale de Versailles plusieurs manuscrits de ses œuvres et de nombreux ouvrages lui appartenant. Ce fonds s’enrichit en 2003 de sa volumineuse correspondance, de plus de 10 000 lettres. Parmi celles-ci figurent une lettre et une carte de Marcel Proust. Dans la première, signée, l’écrivain lui présente ses condoléances (lettre ci-jointe). Dans la seconde, il se déclare « l’admirateur du grand poète et prosateur » qu’est l’auteur de la Résurrection de Versailles. 

La Ville a numérisé pour l’occasion deux manuscrits de son fonds patrimonial des bibliothèques, comprenant près de 150 000 volumes imprimés, de 3 000 manuscrits, plus de 15 000 estampes… Retrouvez sur la Sirène (lasirene.versailles.fr) tous les documents patrimoniaux numérisés de la bibliothèque.

Cher Monsieur,

Recevez toutes les félicitations de quelqu'un qui fut de tout temps l'admirateur du grand poète et prosateur que vous êtes, avec une particulière nuance de déférente et reconnaissante sympathie pour une urbanité chaleureuse et fine qui était à vous et ne venait ni de l'Urbs, ni de Versailles. C'était moins solennel, plus délicieux. Le reclus que je suis devenu pense que cette qualité si fine vous l'avez gardée.

Marcel Proust, Carte de visite dédicacée à Pierre de Nolhac, sans date, Bibliothèque municipale de Versailles, Fonds Nolhac – correspondance - Proust, Marcel, © Bibliothèque municipale de Versailles

Cher Monsieur,


Je lis avec bien du chagrin le grand malheur qui vous frappe. Je n’ai pas eu la douceur de conserver mon père longtemps avec moi mais une séparation retardée n’est pas une séparation moins cruelle. Mais vous du moins avez la consolation de l’avoir rendu heureux, de l’avoir enorgueilli. Je pense à vous bien tristement. Marcel Proust

Marcel Proust, Lettre de condoléance à Pierre de Nolhac, sans date, Bibliothèque municipale de Versailles, Fonds Nolhac – correspondance - Proust, Marcel © Bibliothèque municipale de Versailles