Culture

LE SALON DES INDÉPENDANTS (1884-1914)

UNE AVENTURE EXTRAORDINAIRE DE SEURAT À MATISSE ET DE VAN GOGH À MODIGLIANI.

LES JEUDIS DE 16H30 À 18H

  • 3 octobre : Ni jurys, ni récompenses ! Les Indépendants, creuset du Néo-Impressionnisme (de Seurat à Théo Van Rysselberghe)
  • 14 novembre : Bonnard, Vuillard, Vallotton et leurs amis en quête de reconnaissance
  • 12 décembre : Voir les avant-gardes ; Van Gogh, Cézanne et les Fauves aux Indépendants
  • 27 février : Apollinaire aux Salons ; quand l’Europe de la modernité exposait à Paris (des artistes russes à l’Ecole de Paris)

Cycle de 4 conférences
TARIF D

Présentation du cycle par le conférencier

Gilles Genty, historien de l’art, ancien chargé de cours à l’École du Louvre et directeur du musée du Petit Palais de Genève, commissaire d’Expositions Internationales, présente son cycle de conférences intitulé : « Le Salon des Indépendants (1884 – 1914), Une aventure extraordinaire de Seurat à Matisse et de Van Gogh à Modigliani » qu’il animera à l’UIA au cours de l’année 2019-2020.

UIA : Pourquoi mettre en place un cycle de conférences sur la thématique du « Salon des indépendants » ?

GG : Parce que, tout simplement, c’est un sujet absolument passionnant qui n’a, à ma connaissance, jamais été traité dans sa totalité ! L’histoire du Salon des indépendants, est l’histoire d’un groupe d’artistes qui, issus de l’Impressionnisme, désiraient s’affranchir des conventions et exposer librement. Peignant en de petites touches (on les appela aussi les « pointillistes »), professant une utilisation scientifique de la couleur, ils furent bientôt qualifiés de « néo-impressionnistes ». Trop à l’étroit au sein du groupe des Impressionnistes dont la 8ème et dernière exposition aura lieue en 1886, ils fondèrent leur propre Salon, celui des Indépendants, en 1884. Ces artistes, parmi lesquels les deux plus connus sont Georges Seurat et Paul Signac, donnèrent comme slogan à ce salon « Ni jurys, ni récompenses » ce qui montre d’ailleurs combien ils refusèrent les critères des salons habituels !

UIA : Quelle est l’originalité de votre cycle de conférences ?

GG : Ce qui est absolument passionnant, c’est qu’à travers ce Salon des indépendants, nous allons pouvoir retracer toute l’histoire de l’émergence de la modernité entre le Néo-Impressionnisme et les mouvements plus modernistes européens qui vont y exposer. Cette mémoire, s’est en réalité beaucoup perdue, raison pour laquelle il y a un côté « inédit » à la réalisation de ce cycle de conférences. Je ferai à cette occasion bénéficier les auditeurs de toutes les recherches scientifiques qui ont été menées à l’occasion de la préparation de la grande exposition dont je suis le co-commissaire et qui aura lieu au Musée des Beaux-Arts de Montréal à partir du 1er février 2020 : « L’Âge d’or est pour demain : Signac et les Indépendants ». Nous avons par exemple recherché dans les catalogues d’origine les œuvres qui avaient été présentées et qui, pour certaines, existent encore aujourd’hui pour essayer de reconstituer l’histoire de ces Salons. Ce que nous avons découvert est tout à fait passionnant ! On s’aperçoit ainsi, qu’en marges des salons bien connus, tel le « Salon d’Automne », les Indépendants ont été le théâtre de l’émergence de la modernité.  Les Fauves français, mais aussi Vassily Kandinsky et Kazimir Malevitch, ont ainsi été présents à Paris aux Indépendants dans les années 1910 et de manière conséquente ; une dizaine de toiles majeures pour chaque artiste, lesquelles sont aujourd’hui dans les plus grands musées du monde y compris les musées américains et qui furent, à l’époque … totalement incomprises.

UIA : Pouvez-vous nous expliquer comment sera organisé le cycle de conférences ?

GG : Dans un souci pédagogique, j’ai découpé le cycle en une série de conférences qui se développent de manière chrono-thématique, en partant de l’origine du salon des Indépendants dont le premier a lieu en 1884 pour se développer jusque dans les années 1920. Nous aborderons au cours des différentes séances les origines, la présence des artistes Nabis et symbolistes, des Fauves, des artistes de l’école de Paris (Chagall, Modigliani). Nous explorerons aussi des territoires encore moins connus mais tout aussi passionnants avec, par exemple, les artistes d’Europe centrale. Il s’agit d’un sujet qui est basé sur la reconstitution d’une histoire oubliée et la découverte d’artistes aujourd’hui mais passés inaperçus à l’époque.

Ces conférences seront aussi l’occasion de contredire des idées reçues ; On parle souvent des « artistes maudits », c’est à dire ceux que personne ne pouvait connaître. Or, parcourir l’histoire du Salon des indépendants, c’est découvrir la grande rétrospective consacrée à Van Gogh seulement quelques années après sa mort où tous ses amis prêtèrent leurs tableaux pour que l’artiste soit vu. De la même manière, Cézanne qui était un peu le reclus d’Aix va exposer de son vivant et à la demande de Maurice Denis une série de toiles au Salon des Indépendants. Il est important de le préciser car cela permet de reconstituer la vérité de cette histoire.

Ce sujet aussi passionnant car, outre l’histoire des tableaux que nous allons projeter/découvrir/analyser, nous allons mettre en regard de ceux-ci la relation critique qui nous est parvenus. Parmi les plus grands critiques d’art, se sont passionnés pour le Salon des Indépendants, au premier rang desquels il faut citer Guillaume Apollinaire qui fut l’un des premiers à se passionner pour les artistes femmes et les artistes de l’Europe Centrale. L’abondance de ce matériel critique permettra de mieux encore reconstituer la fabuleuse histoire de ce Salon ; tel est l’enjeu de ce cycle de conférences !

Cliquez ici pour retrouver le programme complet des conférences

 

 

 

 

Une baignade à Asnières, G. Seurat

Capo di Noli, P. Signac

 

Carte d'adhésion de Van Gogh au Salon des Indépendants

Les moissonneurs, V. Van Gogh