Ma ville

Un nouvel accueil pour les touristes à Versailles

La place Lyautey : un lieu stratégique

Le site, qui s’inscrit de façon très visible dans une grande composition classique à l’articulation des avenues du Général-de-Gaulle et de Sceaux, a une fonction d’accueil et de détente pour les 1,3 millions de touristes annuels arrivant de la gare, afin de les renseigner et de les orienter vers la ville et le château.

Il est naturellement orienté vers la figure architecturale du pavillon, en référence notamment au pavillon de musique qui occupait la place Lyautey de 1869 à 1930. Synthèse de plusieurs époques, sa typologie s’inscrit dans la tradition des microarchitectures propres aux jardins classiques, notamment à Versailles.

Il évoque aussi la modernité, à l’image des pavillons des Expositions universelles, dont l’iconique pavillon de Mies van der Rohe à Barcelone. Lieu de passage éphémère, ce pavillon du tourisme de Versailles sera doté d’une élégance sans ostentation.

Une composition classique

Contraint d’offrir quatre façades indépendantes, une géométrie carrée permet d’inscrire le pavillon dans une articulation des différents axes : frontale avec la gare, et perpendiculaire dans l’axe du jardin. Afin de préserver transparence et légèreté, le programme se répartit sur trois niveaux : les fonctions d’accueil du public sont accessibles de plain-pied au rez-de-chaussée ; les bureaux et espaces du personnel sont déportés au premier étage ; les locaux techniques en sous-sol. Cette organisation permet de libérer un espace libre important au sol. Sur ces quatre côtés, le pavillon présente une galerie péristyle offrant à la fois accueil et protection.

Une écriture minimaliste

L’écriture architecturale aborde une forme intemporelle qui opère un trait d’union entre le classicisme du château, l’architecture métallique de la gare, avec ses grandes portées. Il sera également un modèle d’architecture bas carbone. D’une composition simple et orthogonale, il permet de masquer le contexte hétérogène à l’arrière du bâtiment. La toiture en zinc fait l’objet d’une composition géométrique soignée. Face au jardin, le pavillon engage un dialogue classique qui se retrouve dans le vis-à-vis des bâtiments au nord et à l’ouest. Le paysagiste Nicolas Gilsoul propose avec son jardin un « bosquet contemporain » qui hybride les typologies versaillaises du parterre central et de la clôture végétale. Le pavillon vient offrir dans son prolongement une quatrième façade au bosquet.

Un lieu d’accueil et de conseil

Au nord, la densité des piliers protège une façade de service qui filtre le contexte urbain. À l’ouest, dans le prolongement des terrasses du restaurant du bâtiment voisin, des dégagements plus importants sont offerts pour aménager un espace de vie, de restauration, de rencontres ou de loisirs.

Face à la gare, la colonnade s’efface dans un long porte-à-faux, écho aux portées de son architecture métallique. Elle offre une transparence complète sur les espaces d’accueil de l’office de tourisme. L’effet de signal du pavillon permet aussi d’orienter les 1,3 millions de visiteurs qui passent chaque année par la Gare Versailles Château Rive-Gauche pour irriguer l’ensemble de Versailles.

Une fois arrivé sous le péristyle, le bois des caissons qui compose la charpente de la toiture s’exprime aux côtés de la pierre, deux matériaux classiques et nobles, très présents au sein du château et pouvant être issus de filières locales. Le pavillon illustre la persistance de cette tradition de savoir-faire d’exception propre à la France. L’atmosphère qui se dégage du pavillon grâce à ces matériaux chaleureux et au mobilier accueillant invite le visiteur à une pause dans son trajet, qui lui permet de découvrir la richesse de l’offre touristique de Versailles en termes de patrimoine, de culture ou de gastronomie.

La façade en verre très légère, en retrait de la colonnade, contribue à donner une expression minimale très immatérielle au pavillon, qui concentre l’accueil du public en rez-de-chaussée. Cette structure en verre donne un aspect précieux et contemporain au coeur du pavillon, flottant presque sans structure et accompagnant l’effet de seuil entre intérieur et extérieur. Tout comme la pierre et le bois, cette pièce de verrerie remarquable fait écho à l’excellence des manufactures françaises.

Une architecture évolutive à faible empreinte carbone

La sobriété et l’élégance du pavillon sont les maîtres mots de cet ouvrage. L’ espace en rez-de-chaussée offre notamment une grande flexibilité pour le fonctionnement en tant qu’office de tourisme mais aussi des possibilités multiples d’évolution d’usage dans le temps, qualité essentielle pour une architecture durable. Le péristyle semi-extérieur crée un espace de vie ouvert, place du village pour les habitants autant que pour les touristes, comme l’était l’ombragée place Lyautey de « la Belle Époque ». Outre l’abri qu’il offre au public dans l’espace urbain, il apporte une protection solaire passive aux espaces intérieurs dont l’organisation très compacte réduit la déperdition d’énergie et donc la consommation énergétique, dans une perspective d’exemplarité environnementale. Le choix de matériaux naturels bio-sourcés et les procédés constructifs envisagés seront systématiquement mesurés au regard de leur bilan carbone. Simple et sobre, ouvert et transparent, classique, moderne et contemporain à la fois, ce pavillon du tourisme compose une synthèse et une vitrine de ce que la ville de Versailles peut offrir à notre époque comme histoire et perspectives.

Philippe Chiambaretta
Architecte et fondateur de PCA-Stream

Portée par une dynamique articulant recherche et action, l'agence PCA-STREAM créée par Philippe Chiambaretta s’organise autour de deux hémisphères. PCA, l’agence d’architecture et d’urbanisme, en charge de projets concrets d’envergure, rassemble une équipe de 90 architectes, urbanistes, designers, ingénieurs, chercheurs, capables de comprendre et répondre aux enjeux d’un monde complexe. STREAM, le programme de recherche transdisciplinaire, instaure une réflexivité par rapport à la pratique constructive de l’agence, et examine les enjeux contemporains majeurs au travers de contributions issues de différents champs disciplinaires et pratiques créatives pour appréhender de manière transversale et collective les questions qui fondent l’architecture et l’urbanisme de demain.

Le bosquet réinventé par Nicolas Gilsoul

Au nombre de quatorze jadis à Versailles, et de neuf aujourd’hui, les bosquets sont délimités par des allées et conçus comme de vrais salons de plein-air. Nicolas Gilsoul s’approprie le bosquet à la française et le façonne comme un petit écrin végétal à deux pas du Château. Le paysagiste explore une lecture contemporaine du bosquet classique de Versailles. Il propose ainsi un « bosquet contemporain » qui hybride les typologies versaillaises du parterre central et de la clôture végétale. Le pavillon vient offrir dans son prolongement une quatrième façade au bosquet par un bâtiment combinant lui aussi l’ouvert et le clos, le classique et le contemporain.

Ce bosquet sera bordé de deux hautes charmilles et creusé d’un vertugadin enherbé. Il déploie dans sa longueur une perspective depuis le péristyle du nouveau pavillon Lyautey vers les frondaisons de l’avenue de Sceaux. Le quatrième mur de l’enclos végétal se transforme en jardin de feuillages dorés et vert tendre, composé avec soin et devant lequel s’assoit le Molière de Xavier Veilhan.

Nicolas Gilsoul
Architecte-paysagiste

Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, Grand prix de Rome, architecte, docteur en sciences et paysagiste, il est fondateur et président de l’agence à Paris. Ses réalisations ont reçu depuis 1996 de nombreuses distinctions internationales. Il combine depuis 1997 une pratique opérationnelle et une activité de conseil sur plus de 18 pays dans le domaine de l’architecture, du paysage urbain et des jardins d’exception. Son savoir-faire précis d’artisan et ses connaissances scientifiques sur la question du vivant sont au service du rêve. Associant des méthodes de création issues du cinéma et une analyse prospective sur le futur des villes, sa vision est aujourd’hui sollicitée en Europe, en Inde et au Moyen-Orient. Il est professeur à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais et enseigne aussi à Zürich, Vancouver, Milan, Rome et Bruxelles.

La statue de Molière, une évidence !

Tartuffe, les femmes savantes, Le malade imaginaire… ces pièces résonnent à l’international… Molière les créa à Versailles, la ville de sa consécration, où son immense renommée et une nouvelle forme d’expression théâtrale s’affirmèrent. Pour fêter les 400 ans de la naissance de ce dramaturge, une statue de Molière aura toute sa place à Versailles. L’artiste Xavier Veilhan marquera sa présence dans cet écrin architectural.

« L’idée est de construire une oeuvre avec une technique très contemporaine, mais qui soit hybridée avec la statuaire classique. Ce nouveau travail de déconstruction de l’image est très important pour moi, car il se développe petit à petit en une nouvelle série d’oeuvres où l’idée est un peu comme dans les statues à facettes : on s’intéresse principalement à la posture. Comme le thème et le lieu sont très chargés historiquement, j’ai eu la volonté de jouer avec le classicisme de la statuaire. D’ailleurs, la pose provient d’une sculpture existante réalisée par Jean-Jacques Caffieri et installée à la Comédie-Française. À l’opposé de mon travail habituel, j’ai choisi un matériau qui reflète également cette charge historique : le bronze. C’est une volonté de jouer avec la tradition du matériau dans la statuaire des espaces publics. Il s’agit d’un matériau noble, historique, académique, utilisé depuis l’antiquité. Bien qu’encore une fois très peu de mes oeuvres le sont, le bronze sera patiné pour pousser cette idée. La sculpture sera vert foncé à l’image des personnages importants célébrés dans les parcs et places parisiens. La sculpture sera un peu plus grande que nature. Il y a une forme de règle générale et approximative qu’on constate souvent dans l’espace public où les personnages sont représentés à une échelle d’environ 20% plus grande venant compenser l’immobilité de la figure. Ici, il y a une raison plus personnelle car la figure sera assise au niveau du public sans piédestal perdant ainsi de sa prestance. C’est pourquoi elle doit apparaître plus grande à mon sens. L’absence de piédestal annule la hiérarchie entre le personnage historique et le public et invite au dialogue. Les passants pourront s’asseoir à côté de la sculpture, la toucher et se prendre en photo avec elle. Cette dimension d’appropriation physique des formes est importante pour moi. D’une certaine manière, cela vient honorer sa proximité de jadis avec son public. »

Xavier Veilhan
Artiste plasticien

Xavier Veilhan (né en 1963, vit et travaille à Paris) développe depuis la fin des années 1980 une démarche aux formes multiples (sculpture, peinture, environnement, spectacle, vidéo, photo) entre classicisme formel et haute technologie. Ses oeuvres questionnent notre perception et cultivent un intérêt pour les espaces de déambulation, souvent évolutifs, dans lesquels le visiteur devient acteur, comme lors de l’exposition Veilhan Versailles (2009), la série Architectones (2012-2014) ou récemment Studio Venezia (2017), sa proposition pour le Pavillon français de la Biennale de Venise. L’oeuvre de Xavier Veilhan s’invite souvent dans l’espace public, avec des sculptures dans de nombreuses villes à travers la France et à l’étranger : Paris, Stockholm, New-York, Shanghai et Séoul, entre autres. Son travail a été présenté dans diverses institutions renommées à travers le monde, comme le Centre Georges Pompidou (Paris), le Mamco (Genève), la Phillips Collection (Washington), le Mori Art Museum (Tokyo) et le MAAT (Lisbonne).

Le projet en vidéo

Un nouveau bosquet en cœur de ville

Présentation de François de Mazières

En 1663, Molière jouait pour la première fois ses pièces dans les bosquets du château de Versailles. Petits jardins clos par des treillages ou des palissades de verdure auxquels on accède par des allées discrètes, les bosquets font tout le charme des célèbres jardins d’André Le Nôtre. Un contemporain de Louis XIV, le marquis de Dangeau, les appelait « les fontaines renfermées ». Souvent ornés d’une œuvre d’art, les bosquets apportaient la surprise et servaient de véritables salons de plein-air.

En hommage à cette histoire j’ai souhaité que le nouvel Office de Tourisme de la Ville de Versailles soit adossé à un bosquet contemporain en cœur de ville, le premier du côté urbain.

Situé à la place d’une ancienne gare routière disgracieuse, face à la gare de Versailles Château Rive-Gauche, ce bâtiment confié à l’architecte Philippe Chiambaretta sera exemplaire d’un point de vue environnemental. Réalisé en bois et en pierre, ouvert et lumineux il sera à la fois moderne et classique. Son inauguration est prévue en 2023 quelques mois avant les jeux olympiques de Paris en 2024.

Le bosquet sera quant à lui inauguré dès la deuxième édition de la Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de- France, en mai 2022. Conçu par le paysagiste Nicolas Gilsoul, entouré d’une charmille, il présentera en son sein une statue de Molière créée par l’artiste Xavier Veilhan et financée grâce au mécène Emerige. J’ai souhaité que cette œuvre de bronze, réalisée par les ateliers de Coubertin, rende ainsi hommage au plus grand dramaturge français, l’année de la célébration des 400 ans de sa naissance.

Ce nouvel espace permettra aux visiteurs de mieux découvrir la richesse de l’offre touristique de la ville tout en optimisant les flux de visiteurs qui irrigueront les quartiers historiques.

François de Mazières
Maire de Versailles,
président de Versailles Grand Parc

Calendrier

2021-2022

Fin octobre - novembre 2021 : déviation des réseaux France Télécom et éclairage pour libérer la future parcelle de l’Office de Tourisme
Janvier – début mai 2022 : réalisation du bosquet avec la statue
Mai 2022 : inauguration du bosquet et de sa statue lors de la 2ème édition de la BAP
Été 2022 : démarrage des travaux de l’Office de Tourisme

2023

Été 2023 – fin 2023 : réalisation des abords de l’Office et des terrasses de la place Lyautey
Réalisation de la traversée « apaisée » entre la gare Versailles Château Rive-Gauche et l’Office de Tourisme

Contact presse

Ville de Versailles
Claude-Agnès Marcel

+33 (0)6 03 83 65 36
claude-agnes.marcel@remove-this.versailles.fr
www.versailles.fr

Fonds de dotation Emerige

La Région Île-de-France et la Ville de Versailles organisent La Biennale d’Architecture et de Paysage d’Île-de-France (BAP), événement qui vise à réunir de nombreuses parties prenantes autour de thématiques liées aux politiques d’aménagement et d’urbanisme au sein des grands ensembles.

Acteur majeur du territoire francilien, engagé à fabriquer une ville durable, Emerige souhaite accompagner ce projet dans son rayonnement sur le territoire national et international. Par ailleurs, convaincu que l’art peut changer le quotidien, Emerige est un acteur engagé dans le champ de la culture et de la diffusion de la création artistique au plus grand nombre. Emerige soutient ainsi année après année des événements qui s’attachent à faire rayonner la scène artistique française. Le groupe est également initiateur et signataire de la Charte 1 immeuble, 1 oeuvre par laquelle il s’engage à commander une oeuvre à un artiste et à l’installer dans chacun de ses programmes immobiliers.

Afin de contribuer au rayonnement de la Biennale d’architecture et de paysage et de soutenir la scène artistique française, le Fonds de dotation Emerige a commandé une oeuvre emblématique à l’artiste français Xavier Veilhan en vue de son installation future dans l’espace public de la Ville de Versailles.

La fondation de Coubertin

Née de la rencontre entre Yvonne de Coubertin, humaniste de conviction, et Jean Bernard, artiste, tailleur de pierre et rénovateur du compagnonnage français. Cette fondation permet à de jeunes hommes et femmes d’approfondir leurs connaissances dans un environnement unique. Elle met à leur disposition les meilleurs outils pour élargir le champ de leurs connaissances culturelles en stimulant leur goût du travail et leur envie de perfection.

Les Ateliers Saint-Jacques et la Fonderie de Coubertin sont les ateliers de maîtrise de la Fondation de Coubertin. Ils mettent en oeuvre des savoir-faire et des techniques de haut niveau de qualification.

Les salariés qui y travaillent et la qualité des équipements permettent de répondre aux travaux de création d’agencement et/ou de restauration les plus exigeants.

Reconnue d’utilité publique, cet atelier d’excellence réalisera la statue en bronze de Molière conçue par l’artiste Xavier Veilhan.