« À certains endroits, ce sera comme un chant sérieux, à d’autres comme une danse joyeuse...» C’est par ces mots qu’en 1890, Dvorák décrit à un ami l’œuvre à laquelle il travaille. Le terme slave « Dumka » fait référence à la ballade épique, et plus précisément à la complainte de personnages captifs. Dvorák l’emploie dans plusieurs de ses œuvres pour qualifier une pièce musicale sombre et introspective parsemée de mouvements légers et heureux. Dans ce trio à la structure inhabituelle, il laisse s’exprimer individuellement six « Dumky » aux caractères très affirmés.
« Il n’est que de jeter un coup d’œil sur le trio opus 99 de Schubert, et toute la misère de l’existence s’évanouit comme par enchantement », écrivait Schumann en découvrant le trio en si bémol majeur op. 99 qui compte parmi les dernières œuvres composées par un Schubert âgé de 30 ans en 1827, mais gravement malade. Ce trio se charge ainsi de quelques zones d’ombre, alternant violence, inquiétude et fragilité.
Programme : Dvořák - Trio n°4 en mi mineur op. 90 « Dumky » et Schubert - Trio n°1 en si bémol majeur op. 99 D.898.
