Développement des circulations douces, plans d'urbanisme protecteurs, sensibilisation du publie au respect de l'environnement sont des engagements forts de la Ville de Versailles en faveur de la biodiversité et du patrimoine végétal.

La Ville a été également précurseur dans la mise en oeuvre de la démarche "Zéro-phyto" depuis 2005. La gestion écologique de l'espace public se traduit par un renoncement aux désherbants chimiques, la préservation de la ressource en eau et des plantations adaptées au changement climatique. L'alternative est le désherbage manuel, mécanique et parfois thermique, qui est employé sur tout l'espace communal.

Pour mieux appréhender les impacts concrets de ces usages sur la biodiversité, les équipes de jardiniers mettent en place des protocoles de sciences participatives. En plus de mieux connaitre les espèces faunistiques et floristiques du territoire versaillais, ces données alimentent directement la communauté scientifique, notamment le Museum national d'Histoire naturelle, leur permettant d'établir les états de santé de ces espèces.

Aujourd'hui, la mairie de Versailles va plus loin et entame des réflexions sur la mise en place d'une Trame Noire par le biais d'expérimentations dans un quartier pilote.

Pour préserver les oiseaux d'eau présents à Balbi, ne les nourrissez pas !

Les aliments comme le pain ou les biscuits ne sont pas adaptés au régime alimentaire des oiseaux d’eau. Leur consommation peut entraîner des problèmes de digestion, voire même de malnutrition car leur estomac se remplit mais les nutriments dont ils ont besoin manquent. Cela peut causer le « syndrome des ailes d’ange » : une atrophie de l’aile rendant les oiseaux incapable de s’envoler.

Il en est de même pour le nourrissage avec des graines. Le nourrissage par la main de l’Homme crée un rassemblement des oiseaux – à Balbi, principalement des canards colvert, des bernaches du Canada, des poules d’eau et des foulques - ce qui augmente la compétition et les agressions et par conséquent les risques de blessures.

Le stress généré affaiblit leur système immunitaire et l’attroupement accroît les risques de transmission de maladie.

Le parc de Balbi est un lieu idéal pour l’observation en toute saison. Une paire de jumelles et du calme seront propices à de belles découvertes !

Un engagement réel de la ville en faveur de la biodiversité

D’après l’Office Français de la Biodiversité, le terme « Biodiversité », contraction de « diversité biologique », désigne l’ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend également les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux.

Cependant et ce n’est un secret pour personne, cette richesse est de plus en plus menacée. Selon l’Observatoire national de la biodiversité, ce sont près de 18% des espèces qui ont disparu et 78% des habitats qui sont dans un état de conservation défavorable.

La Ville œuvre donc à son échelle pour préserver au mieux la biodiversité de son territoire. A commencer par la mise en place d’inventaires réalisés par l’Association des Naturalistes des Yvelines : oiseaux, insectes, … sont relevés depuis près de 15 ans.

En complément, sont mis en place des protocoles de sciences participatives au sein de la Direction des Espaces Verts avec les équipes de jardiniers et la chargée de biodiversité et d’écologie urbaine.

Les sciences participatives pour mieux connaitre la biodiversité versaillaise

Les sciences participatives offrent la possibilité à chacun de devenir acteur de la préservation de la nature tout en améliorant la connaissance utile aux chercheurs. Des protocoles sont dédiés au grand public, d’autres aux professionnels.

Les jardiniers de la ville recensent les papillons et la flore indigène dans le cadre des protocoles de sciences participatives Propage et Florilège-Prairies portés par le Muséum National d’Histoire Naturelle depuis 2013.

Le protocole Mission Hérisson est également mis en place au Cimetière des Gonards dans le cadre de l’étude « Cimetières Vivants » pilotée par l’Agence Régionale de la Biodiversité depuis 2019.

Sensibiliser par l’éducation à l’environnement, l’exemple des écoles de Versailles

L’éducation à l’environnement remporte un vif succès auprès des différents publics (crèches, écoles maternelles, primaires, centres de loisirs et maisons de quartier). Ce sont plus de 1 800 élèves répartis dans diverses classes qui peuvent suivre des animations liées aux potagers bio créées pour l’occasion, mais également des animations sur le compostage des déchets, la faune et la flore, des visites du Potager du Roi, plateforme de compostage, Orangerie du Château, etc.

Pour l’année 2021/2022, près de 81 classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 de 26 écoles bénéficient tous les 15 jours d’interventions pédagogiques des trois éco-jardiniers de la Ville qui mènent également des actions en direction des centres de loisirs. Ces formations globales et immersives de sensibilisation et d’éducation à l’environnement passent bien souvent par la création de jardins potagers au sein même des écoles ou au Potager du Roi.

Témoignage de Sandrine Joudrier, responsable des éco-jardiniers à la direction des Espaces verts :

« Souvent les enfants n’ont pas de jardin chez eux et les petites bêtes les repoussent. Notre objectif est de leur permettre par la pratique de changer de regard sur la nature et de leur faire prendre conscience de la nécessité de la protéger. Chaque sortie au potager est ainsi propice à l’observation de la faune et de la flore, de l’évolution des plantes dont ils ont eux-mêmes semé les graines. En devenant ainsi acteurs, les enfants sont davantage réceptifs et sensibles aux messages de prévention que l’on peut leur transmettre, comme le zéro-phyto, les éco-gestes comme le paillage, le compostage ou la récupération d’eau que nous réalisons également avec eux. »

Et quand ils ne sont pas au potager, les enfants apprennent à créer des hôtels à insectes, à chauve-souris ou à hérisson…

Une biodiversité nocturne encore méconnue

Le dernier bilan de l’Observatoire National de la Biodiversité – ONB estime que près de 85 % du territoire national subit des pressions dues à la pollution lumineuse. Il est donc indispensable de s’engager véritablement dans la prise en compte de cet enjeu. On considère qu’environ 30% des vertébrés et 65% des invertébrés vivent la nuit totalement ou partiellement. Ils sont donc directement impactés par la pollution lumineuse. En France, 95% des 5000 espèces de papillons sont des papillons de nuit.

A Versailles, des expérimentations sont menées sur l’intensité et la couleur de l’éclairage dans une dynamique de meilleure prise en compte de la biodiversité. Et, afin de mieux connaitre les espèces nocturnes présentes, un groupe de 4 étudiants en BTS Gestion et Protection de la Nature de l’Institut Supérieur de l’Environnement va réaliser, en 2022 dans le cadre d’un projet tutoré, des inventaires de chauves-souris, dont on sait que l’Ile de France accueille 20 des 36 espèces présentes en métropole.