Aujourd’hui disparu, le château de Clagny-Glatigny avait été construit par Louis XIV pour Madame de Montespan au bout du parc de Versailles, à l’emplacement des actuels Lycée Hoche et gare de Versailles-Rive Droite.

Un territoire en mouvement

Le périmètre actuel du quartier Clagny- Glatigny s’inscrit dans le territoire des anciens domaines seigneuriaux des mêmes noms occupés depuis le XIVe siècle. Le fief de Clagny dont le premier seigneur est Guillaume de Vitry, notaire et secrétaire du roi, relevait de Glatigny.

Par le jeu des alliances, des ventes et des héritages, il passe successivement de mains en mains, jusqu’à être acquis en 1649 par l’hôpital des Incurables de Paris. Ce dernier le revend en 1665 au roi désireux alors d’acquérir les terrains environnant le pavillon de chasse de Versailles que son père Louis XIII aimait tant, et agrandir le parc.

Transformation de la maison royale de Clagny

En 1674, le projet de construction d’un nouveau château destiné à sa nouvelle favorite, Madame de Montespan (peu après la légitimation de ses enfants adultérins) est confié à l’architecte Jules Hardouin-Mansart, qui signe alors son premier grand chantier en faveur du roi.

On fait appel à de grands artistes pour les décors intérieurs, parmi lesquels les sculpteurs Jouvenet et le Hongre. Le Nôtre en conçoit les jardins, achevés peu après l’achat des terres de Glatigny et la réunion des deux fiefs dans le domaine royal en 1675.

La donation faite à Madame de Montespan dix ans plus tard comprend le château de Clagny, le manoir, la ferme et le hameau de Glatigny et leurs dépendances en étangs, terres, prés et bois.

La fin succédant au faste

Laissé à l’abandon par ses héritiers, le domaine réunifié est cédé à Louis XV en 1766 pour agrandir le périmètre des chasses royales mais également le territoire de la ville. Le domaine de Clagny verrouillait la ville.

Déjà amputé en 1767 de sa partie sud pour la construction du couvent de la Reine (actuel lycée Hoche), son démantèlement dans les décennies suivantes va permettre une extension urbaine vers le nord/nord-est.Le château est finalement démoli en 1769. Les boulevards du Roi et de la Reine sont percés en 1773.

Le nouveau quartier des Prés achevé en 1779 constitue un premier prolongement au nord de la Ville neuve, avec son quadrillage d’îlots et de rues remplaçant l’ancien étang asséché, comblé puis loti.

La naissance d’un nouveau quartier

À la Révolution, ce qui reste de l’ancien parc de Clagny est vendu comme bien national après division en trente-trois lots, contrairement à Glatigny, moins morcelé, qui conservera plus longtemps son ancienne physionomie.

Début XIXe, l’extension urbaine se poursuit lentement et se transforme avec l’arrivée du chemin de fer en 1839. La gare et les voies ferrées occupent ainsi l’emplacement de la partie centrale de l’ancien domaine (château et jardins proches) avant le lotissement de la partie nord du parc et la création du quartier de Clagny en 1857.