Sable et sel

L’hiver 1913-1914 est rigoureux : gelées, verglas et chutes de neige importantes en décembre et janvier nécessitent des efforts et des dépenses supplémentaires pour rendre les rues praticables, en particulier pour les tramways et les voitures de livraison des commerçants… dont certains perdent patience.

On fait appel à des entrepreneurs pour obtenir des attelages supplémentaires, des ouvriers auxiliaires sont spécialement embauchés pour le déblaiement des neiges, en renfort des services de la Ville, et l’on doit puiser plus de trente-et-une tonnes de sel dans les réserves stockées à la Fourrière municipale.

Peu après la ville de Paris, Versailles utilise le sel dénaturé pour activer la fonte des neiges à partir des essais menés dès 1884. En parallèle, une première sableuse mécanique, fixée à l’arrière d’un simple tombereau attelé d’un cheval, est achetée en 1888 pour compléter le sablage à la main du dispositif anti-verglas.

Depuis l’Ancien Régime et tout au long des XIXe et XXe siècles, ordonnances, arrêtés de police et règlements, largement diffusés par l’affichage municipal, rappellent aussi les obligations générales des habitants pour l’entretien de la voie publique et les dispositions spéciales prévues pour les temps de neige et de glace :

Quand la circulation est rendue difficile par la glace, la neige glacée ou le verglas, les habitants sont tenus, notamment ceux des rez-de-chaussée, de jeter ou faire jeter devant leurs habitations des cendres, sciures de bois, poussière, mâchefer ou autres résidus propres à faciliter la circulation

Arrêté municipal du 21 octobre 1849

Aujourd’hui encore, la même obligation leur est faite de balayer les neiges, casser les glaces et les mettre en tas sur le trottoir, de répandre du sable, du sel ou tout autre produit devant les habitations, les locaux administratifs ou commerciaux, pour faciliter la circulation et assurer la sécurité des piétons.