Dénomination actuelle : 1919
Dénominations anciennes :
rue d'Artois (1773), rue Guillaume-Tell (1792), rue d'Artois (1804), rue Saint-Martin (1813)
Historique
Cette voie est ouverte en 1773 à travers ce qu’on appelait le « camp des Fainéants », terrain vague jouxtant l’hôtel de Limoges où logeaient les ouvriers affectés à la construction du château, situé entre le réservoir de l’avenue de Sceaux et la rue actuelle des Etats-Généraux. La rue est nommée, dans un premier temps, rue d’Artois en raison de la présence des écuries du comte d’Artois (frère de Louis XVI et futur Charles X) qui y sont construites entre 1773 et 1776.

[30 rue de Noailles/9 ter rue Édouard-Lefebvre]
Carte postale, sans date
ACV, 4 Fi 1457
© Archives communales de Versailles
A la Révolution, la rue est rebaptisée rue Guillaume-Tell afin d’effacer tout lien avec la royauté. Elle reprend sa dénomination originelle à la suite d’une décision du maire du 4 Thermidor an XII (23 juillet 1804), comme de nombreuses autres rues. En 1813, la voie est rattachée aux rues Saint-Martin (actuelle rue de l’Assemblée-Nationale) et des Mauvais-Garçons (actuelle rue Edouard-Charton) pour n’en former qu’une seule : la rue Saint-Martin.
Sous la IIIe République, la rue est de nouveau divisée en trois partie. La portion comprise entre le lavoir de l’avenue de Sceaux et la rue actuelle des États-Généraux garde le nom de rue Saint-Martin jusqu’en 1919.
Choix du nom
En 1919, souhaitant rendre hommage à deux anciens maires, le conseil municipal décide d’attribuer les noms d’Edouard Lefebvre (maire de 1888 à 1904) et de Baillet-Réviron (maire de 1904 à 1913) à des rues de la ville. C’est la rue Saint-Martin qui est choisie pour porter le nom d’Edouard Lefebvre, celui-ci ayant vécu de nombreuses années dans la rue voisine des Chantiers.
Édouard Lefebvre

Maire de Versailles
(21 décembre 1833, Paris – 21 octobre 1910, Versailles)
Edouard Lefebvre débute comme garçon épicier. Il vient à Versailles en 1860 afin de prendre la suite des affaires de Riché, épicier en gros.
Le 27 septembre 1870, il sollicite un siège au conseil municipal qu’il obtient, alors que Versailles est sous occupation prussienne. Le 31 décembre 1870, il est désigné par le préfet prussien Brauchitsch avec d’autres conseillers municipaux pour accompagner le maire Charles Rameau, qui n’avait pas répondu aux exigences de l’occupant, à la prison rue Saint-Pierre. Son séjour en prison dure cinq jours.
En 1879, il devient adjoint au maire. Il est également, pendant cette période, délégué cantonal, juge au tribunal de commerce de 1878 à 1886 et administrateur du Bureau de bienfaisance. Il est élu maire en 1888 jusqu’à sa retraite volontaire des élections en 1904.
Retrouvez l'ouvrage Chantiers au coin de la rue en vente à l'accueil des Archives communales de Versailles.
