Une exposition sur deux sites

Pour célébrer le centenaire de la naissance de Leonardo Cremonini (1925-2010), l'espace Richaud s'associe pour la première fois au musée Lambinet pour organiser de mai à octobre la plus grande rétrospective consacrée à l'artiste italien en France depuis trente ans. 

Avec près de 130 oeuvres réparties sur deux sites, son commissariat est assuré par Lydia Harambourg, spécialiste de la scène artistique française de la 2nd moitié du XXe siècle, et Tancrède Hertzog, spécialiste de l'oeuvre de l'artiste, associés à Pietro Cremonini, fils du peintre.

Soixante ans de carrière à l'espace Richaud

À l’espace Richaud, l’accrochage parcourt toute la carrière de Cremonini de 1950 à 2008 - date de sa dernière oeuvre, peinte à 83 ans - montrant l’évolution stylistique mais aussi thématique de sa peinture : une introduction présente sa première phase, aux formes sculpturales traitées en volumes géométrisés (de 1950 à 1960), qui lui vaut une reconnaissance précoce mais demeure moins connue du public. 

Puis, l’éclosion rapide de son style caractéristique à partir de 1960 avec, en particulier, plusieurs grands formats monumentaux dépeignant des scènes balnéaires d’apparent farniente. En réalité, y est souvent mis en scène un ennui existentiel et des jeux d’enfants qui subvertissent l’ordre du monde des adultes comme dans Au coin du plein air (1966-1967) ou La Fin de l’été (1969-1971).

L’artiste affectionne également des scènes d’intérieur plus intimes, aux coloris acidulés, cadrées par des architectures orthogonales et animées par des jeux de reflets et de compénétrations d’espaces (miroirs, portes et fenêtres ouvertes, pans de mur coupés, vitres reflétant une partie de l’action et brouillant les repères).Par de subtiles allusions et renvois visuels, elles dépeignent souvent les ressorts du désir amoureux, comme dans Les Sens et les choses (1968). Plusieurs oeuvres majeures des années 1960 à 1980, prêtées par des musées et des fondations, sont réunies en France pour la première fois depuis plus de trente ans.

Cremonini en miroir avec l'histoire de la peinture au musée Lambinet

Au fil des salles du musée Lambinet, des échos formels ou thématiques s’établissent entre les collections du musée et les oeuvres de Leonardo Cremonini. Fin connaisseur de l’art ancien, sa peinture a souvent été comparée à celle d’artistes du passé et lui-même citait volontiers le Quattrocento italien et la peinture française moderne, de Degas à Bonnard, comme des références.

Dans la première salle du musée, le Portrait de la fondatrice du musée Madame Lambinet peint en 1887 sera confronté avec La Femme au chat peinte en 1954 par Cremonini, figure hiératique et stylisée. 
Dans la salle consacrée à la Révolution française et à ses tumultes, sera accroché, par exemple, un des rares tableaux politiques et engagés de Cremonini, Algérie algérienne (1961, Paris, musée de l’Immigration), qui dépeint une manifestation populaire pendant la guerre d’Algérie.
Un ensemble de tableaux de Cremonini représentant des marines prendra place en face de la Marine de Richard Parkes Bonington (1802-1828) et d’une collection de petits formats.
Enfin, le cabinet d’arts graphiques du musée présentera l’évolution de l’oeuvre graphique de Cremonini en deux accrochages successifs.

Trois oeuvres majeures à l'espace Richaud

Point culminant de sa série des plages, ce vaste diptyque met en scène la fin de la saison balnéaire comme métaphore du passage du temps. Entre démontage des cabines, nuages menaçants et opposition entre enfants joueurs et adultes résignés, l'artiste développe une médiation existentielle sur l'éphémère et la fin de l'illusion.

Dans l’espace confiné d’un compartiment de train, des enfants livrés à eux-mêmes instaurent un désordre chargé de tension. La répétition rigoureuse des sièges contraste avec la violence latente du jeu et l’ombre menaçante d’un adulte. Cremonini y met en scène un drame en puissance, où le quotidien bascule vers l’inquiétude psychologique.

Cette oeuvre emblématique des années 1950 représente sept femmes conversant en cercle dans une scène intemporelle. Les corps massifs et stylisés, la palette unifiée et la construction monumentale traduisent une recherche d’unité formelle et organique. Cremonini y dépasse la scène de genre pour révéler une architecture secrète du monde, entre humanité et minéralité.

Activités de médiation

Tout au long de l'exposition, les activités proposées au public se tiendront sur les deux établissements.
Retrouvez les dans la rubrique Agenda. Inscriptions via notre billetterie en ligne.

Visite commentée de l'exposition

Samedi 20 juin de 10h à 12h
Public : à partir de 12 ans
Tarif : 10€ par personne
Plus d'information et réservation de la visite via  ce lien.

D'autres dates vous seront proposées prochainement.

Pour aller plus loin

Leonardo Cremonini : héritage et échos 

Dans le prolongement de l’exposition Leonardo Cremonini, le Carré à la Farine accueillera du 28 septembre au 11 octobre 2026, une exposition Leonardo Cremonini : héritage et échos.

Chef d’atelier à l’École des Beaux-arts de Paris de 1983 à 1992, Leonardo Cremonini a profondément marqué plusieurs générations d’artistes. Son enseignement exigeant, fondé sur l’observation, l’ambiguïté poétique des formes et l’exploration des potentialités de la figuration a façonné un véritable esprit d’atelier. Ses élèves y trouvaient un espace de liberté où la pensée plastique se construisait dans la continuité d’une tradition réinventée.

L’exposition présentée au Carré à la Farine rend hommage à cet héritage en réunissant des oeuvres de certains artistes passés par son enseignement à l’École des Beaux-arts : Didier Paquignon, Édouard Sacaillan, Olivier de Mazières, Anna-Maria Tsakali et Susanne Hay.

 

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