Culture

Document du mois - Avril 2021

[Puéricultrice.]
Illustration pour un projet d'article "Rénovation de Versailles" à paraître dans la Revue géographique et industrielle de la France (1935-1939).
Dessin de René Aubert, [s.d.].
Coll. ACV, 3 D 4296.

Entre berceuse et alphabet

Au début du XXème siècle, une seule crèche municipale fonctionne depuis 1895, impasse Montbauron (actuelle impasse du Docteur-Wapler), dans les locaux dépendant du groupe scolaire voisin.

Gérée par un conseil d’administration, elle est placée sous la surveillance d’un Comité de dames patronnesses qui contribuent à soutenir l’institution par leurs dons ou le rachat des contributions financières demandées aux familles en difficulté.
Dirigée par une directrice logée sur site, avec l’aide de deux gardiennes et bientôt une laveuse, elle accueille alors tous les jours de 7h du matin à 7h du soir, excepté le dimanche et les jours fériés, les enfants de quinze jours à deux ans et demi dont les mères travaillent. Un médecin est attaché à la crèche pour les visites d’admission et la surveillance médicale. Il assure également une consultation de nourrissons une fois par semaine.

De soixante-dix enfants accueillis à ses débuts, la moyenne journalière de fréquentation n’est plus que de quatorze en 1939 et les charges de fonctionnement sont lourdes pour le budget communal de guerre, motivant la décision de fermeture en mars 1944. Parmi les quatre emplois supprimés, celui d’une surveillante entrée à la crèche en 1919. Dans un courrier adressé en 1928 au secrétaire général, elle soulignait le travail « intense et continu » de l’établissement qu’elle comparait, à salaire égal, à celui des femmes de service des écoles maternelles de la Ville.

Ces anciennes « berceuses », recrutées sous l’appellation de surveillantes, gardiennes ou femmes de service, oeuvraient dans un établissement de type charitable aux préoccupations plus hygiénistes qu’éducatives. Elles laisseront place aux puéricultrices et aides-puéricultrices diplômées, travaillant dans des structures animées par des équipes professionnelles de la petite enfance.

Construite dans le quartier de Jussieu-Petits-Bois-Picardie, au pied des immeubles Villa de la Bonne-Aventure, la crèche municipale Marie-Anne Boivin est le premier d’une série d’établissements gérés d’abord par le Centre communal d’action sociale, créés pendant la décennie 1980 pour l’équipement des différents quartiers de Versailles : crèche collective (Porchefontaine en 1986), mini-crèches (Horticulteurs et Chantiers en 1980, Notre-Dame en 1983) et haltes-garderies (Notre-Dame et Chantiers en 1980, Porchefontaine en 1986). Avec ses 285 agents répartis dans les équipements et au service central, la direction de la Petite enfance et de la famille assure aujourd’hui la gestion des différents établissements et services : sept crèches collectives, une familiale, et dix multi-accueils municipaux.

Sources

  • Travailler à la Ville : le personnel communal de Versailles (XIXe-XXIe siècles), Archives communales de Versailles, 2015.

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