Ma ville

Biodiversité

LE COUP DE COEUR

"DES POTAGERS POUR SENSIBILISER ET ÉDUQUER LES ENFANTS À L'ENVIRONNEMENT ET AU VIVANT"
Sandrine Joudrier, responsable des éco-jardiniers à la direction des Espaces verts

Chaque année, près de 65 classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 de 25 écoles bénéficient tous les 15 jours d’interventions pédagogiques des trois éco-jardiniers de la Ville qui mènent également des actions en direction des centres de loisirs. Ces formations globales et immersives de sensibilisation et d’éducation à l’environnement passent bien souvent par la création de jardins potagers au sein même des écoles ou au Potager du Roi ou au Domaine de Madame Élisabeth.

« Souvent les enfants n’ont pas de jardin chez eux et les petites bêtes les repoussent. Notre objectif est de leur permettre par la pratique de changer de regard sur la nature et de leur faire prendre conscience de la nécessité de la protéger. Chaque sortie au potager est ainsi propice à l’observation de la faune et de la flore, de l’évolution des plantes dont ils ont eux-mêmes semé les graines », explique Sandrine Joudrier, éco-jardinier de la Ville.
« En devenant ainsi acteurs, les enfants sont davantage réceptifs et sensibles aux messages de prévention que l’on peut leur transmettre, comme le zéro-phyto, les éco-gestes comme le paillage, le compostage ou la récupération d’eau que nous réalisons également avec eux. »
Et quand ils ne sont pas au potager, les enfants apprennent à créer des hôtels à insectes, à chauve-souris ou à hérisson…

Le dossier

Développement des circulations douces, plans d’urbanisme protecteurs, sensibilisation du public au respect de l’environnement sont des engagements forts en faveur de la biodiversité et du patrimoine végétal. Mais le plus emblématique, et pourtant moins visible, est la mise en oeuvre de l’objectif "zéro-phyto". La gestion écologique de l’espace public versaillais se traduit désormais par un renoncement aux désherbants chimiques, la préservation de la ressource en eau et des plantations adaptées au changement climatique. Les produits phytosanitaires, que la ville n’utilise plus sur ses espaces verts et voirie, avaient en effet un impact néfaste sur notre santé et notre environnement car ils agissaient sur les organismes vivants et réduisaient ainsi la biodiversité. A Versailles, ces produits s’écoulaient dans la nappe phréatique à raison de 130 000 litres par an. L’alternative est le désherbage manuel, mécanique et thermique, qui est désormais employé sur tout l’espace communal. Versailles a été précurseur en appliquant résolument ces principes depuis 2005, ce qui lui vaut d’être très régulièrement citée en exemple au niveau national, tout en étant plusieurs fois primée pour son fleurissement (4e fleur) et sa gestion écologique des espaces verts (Ecojardin).

Le développement des circulations douces

Un schéma directeur des circulations douces offrant près de 120 km d’itinéraires cyclables

Le développement de l’ usage du vélo en ville représente un enjeu majeur de la politique de mobilité. Afin de se donner les moyens de promouvoir une pratique quotidienne du vélo, la ville s’est dotée en 2004 d’un schéma directeur des circulations douces offrant ainsi aux usagers, près de 120 km d’itinéraires cyclables :

  • 22 km de pistes cyclables. 
  • 25 km de bandes cyclables
  • 3,5 km de couloirs de bus ouverts aux cyclistes
  • 3 km de voies en zone de rencontre
  • 79 km de voies en zone 30

Cette politique permet également d’améliorer les possibilités de stationnement des vélos. La Ville compte actuellement 3 250 places de stationnement pour cycles, dont 560 au nouveau pôle multimodal de la gare de Versailles-Chantiers.

La charte sur la biodiversité

Un label de gestion écologique
Douze parcs et jardins, quatre cimetières et l’ ensemble des arbres d’alignement sont labellisés Ecojardin, label de gestion écologique. Les jardiniers de la ville recensent les papillons et la flore indigène, en partenariat avec le Muséum National d’Histoire Naturelle, dans le cadre des programmes Propage et Florilège.

Esprit Jardin

Une fête des plantes pour sensibiliser à une gestion durable des espaces verts
Cette fête accueille chaque année au printemps plus de 20 000 personnes sur la place de la cathédrale Saint Louis. C’est un moment privilégié où plus de 20 jardiniers créent un jardin éphémère et accueillent pendant deux jours les passionnés de jardin. La création d’un stand permet de faire travailler les enfants qui réalisent des activités de jardinage. Moments d’ échanges importants, les riverains et les jardiniers de la Ville peuvent ainsi expliquer la démarche de gestion durable des espaces verts. Dans chaque quartier, une conférence expliquant la démarche sur le zérophyto est donnée, suivie d’une campagne d’affichage sur les panneaux municipaux. Des conférences sont également organisées pour sensibiliser les gestionnaires privés d’ espaces verts à gérer écologiquement leurs jardins.

La pelouse : un véritable atout environnemental

Une politique de ré-engazonnement des espacespour améliorer la qualité de l’air
La Ville procède dès que possible au ré-engazonnement de ses espaces (avenues, cimetières,etc.). La pelouse a plusieurs avantages en matière environnementale : elle améliore l’air que nous respirons; les parties aériennes des graminées gazons composées essentiellement de feuilles vertes sont en effet capables de capter le gaz carbonique tout au long de l’ année, contrairement aux arbres qui perdent leurs feuilles à l’automne. Des études montrent qu’un gazon entretenu peut capturer 10 à 12 tonnes de CO2 par an dans ses feuilles et ses racines (source : 2008. Plante et Cité-SFG-TOP Green). Ainsi, à surface de sol égale, les gazons permettent une séquestration de CO2 équivalente à une plantation de conifères âgée de 25 ans! Sans parler de son pouvoir rafraîchissant l’été, de son pouvoir dépoussiérant (les liens entre les pollutions urbaines et les maladies respiratoires sont maintenant clairement établis), et enfin, de sa capacité à amortir le bruit, autre source importante de pollution.

Les plans d’urbanisme protecteurs du patrimoine végétal

Une protection du patrimoine arboré et de ses espaces verts
Versailles a su préserver ses espaces verts privés et publics en les intégrant au plan local d’urbanisme. La ville est ainsi entourée de 340 ha de forêts domaniales inventoriées en Zones Naturelles d’Intérêt Faunistiques et Floristiques et sont ainsi protégés. 4 000 arbres sont protégés dans le secteur sauvegardé, les Espaces boisés classés et les Espaces verts extérieurs publics ou privés. Des arbres remarquables ont pu être identifiés et classés : pour les mettre en valeur et les faire connaître des panneaux ont été créés et implantés. Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) indique que les abattages sont soumis à autorisation de l’architecte des Bâtiments de France. Ce plan couvre 250 ha. C’est ainsi que les entreprises travaillant à proximité des arbres doivent les protéger au risque de devoir de fortes sommes d’argent en cas de dommages.

Une gestion durable de l’eau

Une meilleure perméabilité des sols pour une diminution des eaux d’écoulement vers les réseaux d’assainissement

Un ensemble d’actions a permis une meilleure perméabilité des sols et une diminution des eaux d’écoulement vers les réseaux d’assainissement. L’implantation de huit bâches enterrées permet de canaliser les eaux souterraines qui jusqu’alors se retrouvaient canalisées vers les égouts, partant ensuite dans les usines de traitement, engendrant un coût financier important. Ce sont donc 148 m3 d’eau de pluie/jour qui peuvent être puisés pour arroser les jeunes plantations d’arbres, nettoyer les trottoirs ou encore curer les réseaux d’assainissement. Le trop plein de ces bâches repart aux égouts. La réhabilitation ou la création de bâtiments publics prend en compte ces dispositions et trois toitures végétalisées ont déjà été réalisées pour une surface de 1 600 m2 (écoles la Farandole, Antoine Richard et foyer Eole). L’aménagement des vestiaires sportifs à Porchefontaine intégre une toiture végétalisée de 100 m2. Les réhabilitations de logements (dont l’ancien hôpital Richaud) intègrent la récupération des eaux pluviales pour l’arrosage des nouveaux jardins créés. Dans les quartiers où la pente est faible, la réfection des trottoirs est réalisée en stabilisé (Quartier de Clagny-Glatigny). Chaque école disposant de jardin potager et d’un abri-jardin possède un récupérateur d’eau pour l’ arrosage du potager.

Une valorisation des déchets verts

Des actions pour un ramassage des feuilles et déchets de tonte et d’élagage

Dans les parcs et jardins, les feuilles peuvent être soufflées au pied des massifs arbustifs afin de composer une couche d’humus, ou stockées sur une zone de compostage créée sur site. Sur les avenues et pour des raisons de sécurité, les feuilles sont soufflées ou aspirées à l’aide de matériels respectueux des normes sonores. Les feuilles (500 tonnes/an) sont ensuite stockées, puis transportées vers la plateforme de compostage d’une entreprise en insertion (Bio-Yvelines service). Chaque potager bio dans les écoles et chaque maison de quartier a son propre composteur. Le compost est utilisé lors des créations de massifs fleuris et arbustifs : plus aucun engrais de synthèse n’est utilisé depuis 2003. La Communauté d’Agglomération de Versailles Grand Parc donne gratuitement des composteurs aux riverains soucieux de diminuer leur quantité de déchets : ce sont ainsi 5600 composteurs qui ont déjà été distribués.

Les poules sont des championnes du recyclage : des vraies "partenaires minceur" pour le bac de déchets ménagers. Elles allègent le poids des poubelles en picorant jusqu’à 150 kg de déchets organiques par an. Des distributions (sur inscription) ont lieu régulièrement. Depuis 2016, Versailles Grand Parc distribue des poules afin de réduire ses déchets : deux poules sont confiées aux familles volontaires, qui s'engagent à en prendre soin. Depuis le début de l'opération, 840 poules ont intégré le territoire de Versailles Grand Parc.
En savoir plus via Versailles Grand Parc

Un fleurissement durable

Une utilisation de plantes vivaces pour une gestion durable des espaces verts

L’ utilisation de plantes vivaces représente environ 80% du volume des massifs fleuris et évite d’acheter d’importantes quantités de plantes annuelles. Un investissement important est réalisé depuis 6 ans pour l’ achat de bulbes (narcisses) dont la floraison s’échelonne pendant un mois. Ces derniers restent ainsi en terre pour une durée d’environ 10 ans. Les bulbes des autres massifs fleuris sont arrachés, séchés, puis donnés aux éco-jardiniers pour les planter à l’ automne avec les enfants des écoles. Certains peuvent venir compléter les 185 000 bulbes des trois grandes avenues menant au Château. Afin d’ acquérir les pratiques de gestion durable des espaces verts, les changements de conception du fleurissement, les fondements du zéro-phyto, l’ ensemble des agents de la direction des espaces verts a été formé. En 2002, 3 300 m2 de massifs fleuris étaient plantés. En 2014, ce sont 14 400 m2 de massifs qui ont été fleuris, soit plus de 11 100 m2 supplémentaires en 8 ans.

L’ éducation à l’ environnement

Un outil d’éducation et de sociabilité

L’ éducation à l’ environnement remporte un vif succès auprès des différents publics (crèches, écoles maternelles, primaires, centres de loisirs et maisons de quartier). Ce sont plus de 1 800 élèves répartis dans 63 classes qui peuvent suivre des animations liées aux potagers bio créées pour l’ occasion, mais également des animations sur le compostage des déchets, la faune et la flore, des visites du Potager du Roi, plateforme de compostage, Orangerie du Château, etc. Des partenariats sont également réalisés lorsque les cours d’écoles sont trop petites pour accueillir des jardins potagers : c’est le cas avec le Conseil départemental des Yvelines, au domaine de Madame Elisabeth, et au Potager du Roi.