Web-série : les chauves-souris présentes à Versailles

Biodiversité

Dans une actu précédente, nous vous présentions le résultat de l’étude « Cimetières Vivants » auquel participe le cimetière des Gonards. Parmi les espèces étudiées : les chauves-souris, mammifères protégés parfois mal-aimés, assez souvent méconnus.

Elles ont depuis le début du printemps quitté leur gite d’hivernage et nous font profiter de leur ballet aérien dans le crépuscule.

Coté chiffre, on estime l’identification de 1411 espèces dans le monde dont 174 présentes en France (DOM-TOM et Outre-Mer inclus).

Si en France métropolitaine, seulement 20 espèces présentent un risque de disparition élevé, on considère que tout effectif confondu, les populations ont diminué de près de 38% en 10 ans (données Vigie-Chiro).

Cette semaine, nous vous invitons ainsi à découvrir les Chiroptères présents à Versailles. Pour ouvrir le bal (des chauves-souris), la pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) !

La pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus)

C’est la plus petite des chauves-souris d’Europe. D’un poids moyen allant de 3 à 8g, son envergure s’étend de 18 à 24 cm.

La pipistrelle est connue comme étant anthropophile : elle vit à proximité des hommes dans les villes, villages, parcs, jardins et forêts.

Les colonies, et ce toutes espèces confondues, peuvent donc occuper toutes sortes de gîtes : arboricoles (trous de pic, fentes, fissures ou autres arbres creux) comme anthropiques (nichoirs, habitations).

La mère ne porte et n’élève qu’un petit par an pour qui la première année est déterminante. Les chats font d’ailleurs partis des principaux prédateurs des jeunes sortant des gites puisqu’ils ont la capacité d’entendre les émissions ultrasonores des chauves-souris.

La pipistrelle fait partie des chauves-souris dont le vol rapide et agile leur permet de chasser à proximité des points lumineux. Pour autant, un éclairage trop vif cause un décalage dans l’heure de sortie des individus qui se solde par des difficultés à se nourrir, les pics d’activité des insectes ayant lieu aux extrémités de nuit.

Un individu peut chasser à lui seul jusqu’à 600 insectes par heure et prend le relais des oiseaux à la nuit tombée. Cette chasseuse hors-pair se nourrit principalement de moustiques et de papillons de nuit. Ne la voit-on voler à tire-d’aile au-dessus de nos têtes lors de dîner en terrasse ?

Au contraire de l’idée reçue, elle ne cause aucun dégât ni désordre en dehors du guano qui viendra immanquablement maculer le sol. C’est toutefois un excellent engrais qui peut être récupéré !

Il est à noter que la pipistrelle commune est classée comme « quasi menacée » sur la liste rouge régionale des chauves-souris d’Ile-de-France*, avec un déclin net avéré de – 55% de sa population entre 2006 et 2016, pas si commune que ça finalement…

Demain, vous découvrirez l’oreillard gris (Plecotus austriacus).

Les sources des articles présentés cette semaine :

*LOÏS G, JULIEN J.-F & DEWULF L., 2017. Liste rouge régionale des chauves-souris d’Ile-de-France. Pantin : Natureparif (depuis Agence Régionale de la Biodiversité en Ile-de-France) 152p.)

Site internet de l’INPN

Site internet du plan national d’actions chiroptères