Web-série : l'Oreillard gris (Plecotus austriacus)

Biodiversité

Deuxième de cette web-série dédiée aux chauves-souris présentes sur Versailles, l’Oreillard gris (Plecotus austriacus) tient son nom (comme vous l’aurez douté) de ses charmantes grandes oreilles.

Il est présent sur tout le territoire national, bien qu’il reste rare en Ile-de-France ce qu’il lui vaut un statut francilien en « données insuffisantes » et « en préoccupation mineure » à l’échelle nationale.

Son envergure se situe entre 25 et 29 cm et son poids entre 6 et 14g. Sa particularité tient donc de ses oreilles qui représentent une taille non négligeable puisque si on estime que sa taille : tête (sans les oreilles) + corps est équivalente de 4.1 à 5.8 cm, ses oreilles mesurent entre 3,1 et 4,1 cm. En voilà un qui ne porte pas son nom pour rien !

Sédentaire, l’oreillard est aussi connu pour son habitude à cohabiter avec d’autres espèces de chauves-souris et il n’est pas rare que des colonies hibernent avec celles de grand murin, petit rhinolophe ou sérotine commune (que vous aurez l’occasion de découvrir dans le prochain volet de cette web-série).

Chauve-souris des milieux ouverts, l’oreillard gris chasse une fois la nuit bien installée et est donc très sensible à la pollution lumineuse (ce qu’on appelle une espèce lucifuge).

Une fois en chasse, l’oreillard se met en vol stationnaire face au support comme du feuillage afin d’y capturer les proies qui viendraient s’y poser. La présence de lumière, attirant ces mêmes proies, l’empêche donc de chasser.

Cependant, et c’est là une nuance intéressante, dans les zones où l’extinction totale d’éclairage est pratiquée, l’oreillard tire profit des insectes restés fixés sur les éclairages alors éteints. Son vol est dit glaneux, il est lent, semble lourd et à proximité du sol, ce qui rend l’espèce malheureusement victime du trafic routier.

La prochaine actu sera dédiée à la Sérotine commune (Eptesicus serotinus), une belle et grande chauve-souris !