Culture

Semaine internationale des Archives 2019

Cette année la Journée Internationale des Archives, célébrée annuellement le 9 juin, se transforme en Semaine Internationale des Archives.

A cette occasion, retrouvez chaque jour du 3 au 9 juin sur cette page un court portrait d'un membre de l'équipe des Archives communales de Versailles.

C. - archiviste chargée des publics et des archives iconographiques, sonores et audiovisuelles

Ses missions :

  • Valorisation et médiation : mise en place d'exposition, ateliers auprès des scolaires, gestion du site internet et des réseaux sociaux
  • Gestion des archives iconographiques (cartes postales, photographies, gravures, etc.), sonores et audiovisuelles

Son portrait :

J'ai découvert le monde des archives relativement jeune. Au collège, notre professeur de technologie nous avait amené aux Archives départementales faire des recherches sur des bâtiments historiques de notre ville pour une présentation Powerpoint. C'est mon premier contact avec les documents d'archives mais je ne savais pas à l'époque que je deviendrai archiviste. C'est plus tard que je me suis prise d'affection pour l'Histoire et que j'ai décidé de faire un métier en lien. J'ai alors redécouvert les Archives et les métiers associés et fait un master professionnel "métiers des archives".

Ce que j'aime dans ce métier, c'est la possibilité de toucher mais aussi d'interroger cette mémoire laissée par nos ancêtres, et qu'on laisse aux générations futures, et de mettre les documents en résonance les uns avec les autres afin de raconter l'histoire d'une personne, d'un quartier ou d'un événement. En tant que chargée des publics, j'aime aussi transmettre aux plus jeunes l'histoire de leur ville en leur montrant les documents originaux qui rendent possible sa compréhension.

Bien que le monde se tourne de plus en plus vers le numérique, il faudra toujours un médiateur pour faire le lien entre le document d'archives et le public ; peut-être de manière plus collaborative, plus ludique ou en faisant appel à de nouvelles technologies, déjà développées comme la réalité virtuelle ou à venir.

L.-M. - adjointe à la directrice et archiviste en charge des archives contemporaines

Ses missions :

  • Collecte et classement des archives contemporaines
  • Aide et conseil auprès des services versants
  • Gestion des fonds (entrées, éliminations, communicabilité)
  • Mise en place de l’archivage électronique et accompagnement à la dématérialisation

Comment as-tu découvert le monde des archives ?

A l’université, j'ai effectué une maîtrise d'histoire moderne. J'ai donc été confrontée aux documents d'archives qui ont été mes sources pour l'écriture de mon mémoire. J'ai plus tard décidé d'exercer le métier d'archiviste.

Qu'est-ce qui te plait dans ton métier ?

Ce que j'aime dans ce métier est très varié. C'est d'abord être au contact avec des documents chargés d’histoire, parfois d’émotions ou riches d’informations, qui sont le fruit d’une époque. C’est parfois un voyage dans le temps très immersif.
J'aime aussi être au carrefour des métiers. En effet, en tant que fonction support, je découvre les métiers des collègues des autres services. Cela me permet de dresser un panorama des multiples compétences au sein d'une mairie.
Ce métier est également intéressant d'un point de vue humain en me permettant de rencontrer ces collègues et de leur apporter l’appui dont ils ont besoin. J'alterne régulièrement des journées au bureau et des journées aux contacts des collègues et du public.
De plus, le tournant du numérique me pousse à renouveler mes connaissances, à travailler en équipe avec la DSIN (Direction des Systèmes d’Information et du Numérique) et découvrir ce nouveau domaine.

Comment vois-tu ton métier dans les années à venir ?

Dans les années à venir, je pense que les Archives seront plus visibles et plus ouvertes aux citoyens. Grâce au numérique notamment mais aussi à toutes les actions de médiation menées par les services. Par ailleurs, l'archivage électronique va énormément impacter les archivistes. Il s'agit d'un aspect du métier encore difficile à appréhender car nouveau et en pleine évolution. C'est un tournant nécessaire car, au même titre que les archives papier, il importe de conserver les archives électroniques, particulièrement fragiles !

F. - magasinier

Ses missions :

  • Conditionnement et manutention des archives
  • Contrôle des magasins de conservation
  • Accueil du public en salle de lecture
  • Traitement de fonds sériels

 

Comment as-tu découvert le monde des archives ?

Avant, pour moi, les archives n'existaient pas sauf à la télévision quand étaient diffusées des vidéos de l'INA (Institut national de l'audiovisuel). Je travaillais à la voirie pour la ville de Versailles et souhaitais me reconvertir. On m'a alors fait découvrir le monde des archives. C'était loin de tout ce que je pouvais imaginer faire.

Qu'est-ce qui te plait dans ton métier ?

C'est la curiosité et la volonté de comprendre la valeur qu'ont les archives qui me poussent à aimer ce métier. Quand je suis arrivé, les archives étaient quelque chose de commun. Avec le public, je vois l'intérêt et l'importance que peuvent avoir les documents d'archives pour les gens. Ils peuvent même créer des émotions et sont d'une grande valeur pour les générations futures.

Comment vois-tu ton métier dans les années à venir ?

Ce métier a beaucoup d'avenir. Il y a toujours besoin de traces (vente d'une maison, filiation, etc.) pour avancer. Il faut connaitre son passé pour connaitre son avenir. Ce qui serait dommage, c'est de perdre le contact entre le papier et l'homme. De venir jusqu'à nous, ça permet aux gens de voyager.

C. - archiviste en charge des archives modernes, privées, de la conservation préventive et des archives de la communauté d'agglomération

Ses missions :

  • Gestion des archives modernes et privées
  • Gestion des archives de la communauté d'agglomération
  • Mise en place des programmes de restauration et de conservation
  • Suivi de la numérisation

 

Comment as-tu découvert le monde des archives ?

Cela remonte à très loin, lorsque j'étais au collège, en troisième, j'avais une professeur de français, latin, grec (hé oui) qui m'avait mis dans la tête de faire l'école des Chartes. A l'époque, je ne savais même pas ce qu'était un service d'archives, et encore moins la diversité des missions d'archiviste. J'aimais bien les vieilles écritures, déchiffrer, j'aimais les livres, alors je m'étais dit "pourquoi pas ?". Plus concrètement, j'ai donc fait un master professionnel en archivistique.
Le premier contact que j'ai eu avec un service d'archives ? Pour la préparation de mon mémoire de maîtrise, en tant que lecteur, j'allais dépouiller les inventaires après décès du XVIIIe siècle.

Qu'est-ce qui te plait dans ton métier ?

J'aime sa multitude de facettes, dans le monde des archives on peut toucher à tout suivant les postes que l'on occupe, on peut toucher d'anciennes chartes du moyen âge, comme travailler sur des documents du XXIe siècle dématérialisés. En étant archiviste, on est à la fois très administratif (la gestion des archives publiques est une obligation légale, il y a des règles) et pleinement culturel.
Actuellement dans mon travail, je fais du classement d'archives, j'aide des services à ordonner leurs documents, je gère les programmes de restauration et de numérisation, mais je réponds aussi à des demandes de recherche, j'accueille des lecteurs en salle de lecture et je peux être amenée à participer à la préparation des expositions. Bref c'est très varié et on ne s'ennuie pas !

Comment vois-tu ton métier dans les années à venir ?

Qui sait ? On parle beaucoup de la dématérialisation et de l'archivage électronique aujourd'hui. Demain, tout cela fera partie intégrante de notre métier et la prochaine génération d'archivistes ne se posera même plus la question. Mais une chose est sûre, nous continuerons à gérer toujours plus d'archives, qu'elles soient papier ou numériques. Et notre objectif sera toujours de les préserver de la meilleure façon et de les rendre accessibles et intelligibles au plus grand nombre.

L. - chargée de l'accueil, du secrétariat et de la bibliothèque

Ses missions :

  • Secrétariat et accueil du public
  • Comptabilité
  • Recherches par correspondance (généalogie et permis de construire)
  • Gestion de la bibliothèque et des périodiques
  • Traitement de petits fonds

 

Comment as-tu découvert le monde des archives ?

La première fois que je suis entrée dans un service d’archives, c’était en première année de licence d’Histoire. Je devais pour un devoir consulter le cadastre Napoléonien. J’ai tout de suite été frappée par la taille du registre et sa fragilité. On me l’a d’ailleurs soigneusement déposé sur la table et un archiviste m’a aidé à appréhender ce document du XIXème siècle.
Puis j’ai eu la chance de visiter les Archives départementales de Seine Maritime. A cette occasion, les archivistes nous avaient sorti quelques documents dont un traité signé par Henri IV. L’émotion que j’ai ressenti à cet instant précis a confirmé mon désir de faire ce métier.

Qu’est-ce qui te plait dans ton métier ?

Ce qui me plait dans mon métier, c’est de participer à la préservation et au partage de notre Histoire, pas seulement celle de notre pays, mais aussi celle de chacun d’entre nous.
Lorsque je m’occupe des demandes de recherche généalogique, c’est toujours émouvant. Je découvre des histoires plus intimes et parfois cela donne lieu à des échanges assez émouvants avec le public.
J’ai reçu il y a peu un appel d’une personne qui, avec une vive émotion dans la voix, me remerciait pour les informations que je lui avais transmises car elle les recherchait depuis longtemps. Pour moi avoir pu lui rendre une petite part de son histoire est la plus belle des récompenses.

Comment vois-tu ton métier dans les années à venir ?

Je ne sais pas ce que seront les archives de demain. Mais, je suis sûre d'une chose c’est que nous aurons toujours besoin des archives que ce soit pour comprendre le monde d’hier ou construire celui de demain.

D. - stagiaire archiviste

Ses missions :

  • Classement du fonds de l'Ecole des Beaux-arts
  • Suivi de la vie du service

Comment as-tu découvert le monde des archives ?

Ma première " découverte " du monde des archives date du primaire, lors d'une visite scolaire aux archives départementales des Hauts-de-Seine. Mais je les ai redécouvertes des années plus tard lors de mon M1 de recherche en Histoire contemporaine, puisque pour réaliser un mémoire en histoire, nous avons besoin de sources qui sont conservées... aux archives ! Je me suis par la suite réorientée en M2 Gestion des Archives et de l'Archivage à l'Université de Versailles Saint-Quentin tant ce monde m'a plu.

Qu'est-ce qui te plait dans ton métier ?

Ce qui me plaît dans ce métier, c'est être une gardienne de la mémoire et de l'histoire. C'est aussi un métier où l'on ne s'ennuie pas et où l'on découvre et apprend tous les jours à la fois sur les archives mais aussi sur l'histoire locale.

Où imagines-tu poursuivre ta carrière d'archiviste ?

Je souhaiterais travailler dans des archives au sein de collectivités territoriales, et notamment en commune. C'est là que le travail est le plus passionnant pour moi, car il permet de toucher à tout et ainsi de suivre la chaîne archivistique dans son intégralité.

V. - directrice des Archives communales de Versailles

Ses missions :

  • Déterminer les orientations stratégiques du service
  • Mettre en oeuvre la politique de conseil, de contrôle et de collecte des fonds d'archives
  • Pilotage du projet de mise en œuvre de l'archivage électronique et suivi des projets de dématérialisation
  • Concevoir et conduire les projets de valorisation et diffusion du patrimoine
  • Organiser et accompagner toutes actions d'information, de sensibilisation, d'éducation et de formation en relation avec les archives

Son portrait :

Comme beaucoup d'archivistes, j'ai découvert le monde des archives par intérêt pour l'Histoire et la pratique de la généalogie. Après un DESS Histoire et métiers des Archives à Angers, mes premières expériences professionnelles m'ont amenée à travailler dans des petites communes rurales puis à Versailles.

Classer ces fonds, échanger avec les agents des services, cela m'a permis de découvrir la richesse et la variété des compétences et des missions d'une commune, et la polyvalence d'un archiviste communal. Il touche à la fois aux fonds anciens et contemporains, aux registres paroissiaux du XVIIe siècle et aux livres comptables de 2010. Il accueille et oriente le public pour ses recherches personnelles ou administratives, et monte des projets d'exposition mettant en valeur le patrimoine et l'histoire locale. Le tout au service de la collectivité et des citoyens. C'est cet ensemble qui m'a plu. Aucune journée ne se ressemble, la routine n'existe pas. Nous pouvons apporter des conseils sur la gestion des données électroniques le matin, faire une recherche sur un bâtiment du XIXe siècle ensuite et initier un lecteur à retrouver ses aïeuls en fin de journée. Traverser les siècles en quelques heures. Et l'évolution récente du métier avec la prise en charge des archives électroniques et de la dématérialisation nous permet d'accroitre nos compétences.

Experts reconnus dans le traitement de l'information numérique, nous sommes désormais sollicités dès la création des documents et complètement intégrés à l'ensemble du cycle de vie du document. Cela pose d'autres questions, remet parfois en cause nos pratiques et théories " papier " mais cela rend notre métier encore plus passionnant.